PARIS, 30 juin (Xinhua) -- La France assume à partir
du 1er juillet, au second semestre de 2008, la présidence de l'Union
européenne, quelques semaines après le rejet irlandais du traité de
Lisbonne.
Le président français Nicolas Sarkozy a prévu une
visite en Irlande à la mi-juillet, dans le cadre des efforts visant à
sortir de la crise la construction européenne. A l'issue du dernier
Conseil européen à Bruxelles, les dirigeants des 27 membres de l'UE
ont convenu d'attendre avant de prendre une décision suite au "non"
irlandais. Il n'y a pas de date-butoir pour la ratification du traité de
Lisbonne par les Irlandais, alors que la procédure de ratification doit
continuer.
La crise suscitée par le "non" irlandais est plutôt
une mauvaise surprise pour Paris, qui prépare depuis la présidence
française de l'UE, dont l'abréviation PFUE est devenue presqu'un mot
courant dans l'administration française. Le Premier ministre François
Fillon a demandé la mobilisation de toute l'administration pour assurer la
réussite de la PFUE, qui serait d'ailleurs la dernière pour Paris si le
traité de Lisbonne était ratifié, car le traité prévoit dèsormais une
présidence permanente pour l'UE.
MM. Sarkozy et Fillon, ainsi que le ministre des
Affaires étrangères, Bernard Kouchner et le secrétaire d'Etat pour les
affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, ont parcouru les 26 autres
pays membres de l'UE.
Le président Sarkozy avait fixé les quatre grandes
priorités de la PFUE: développement durable et énergie, pacte européen sur
l'immigration et l'asile, relance de l'Europe de la défense, bilan de
santé et avenir de la politique agricole (Pac).
Pour faire face à l'euroscepticisme, déjà réflété
par le "non" français en 2005 au tratité constitutionnel, et renforcé
aujourd'hui par le "non" irlandais au traité de Lisbonne, le
gouvernement français s'est fixé un thème de "réconcilier
l'Europe avec les citoyens français".
Les priorités de la PFUE veulent également mettre
l'accent sur des projets "proches" des citoyens. Paris s'est engagé à
faire parvenir les 27 à un accord sur la lutte contre les changements
climatiques avant la fin 2008, et à introduire des "mécanismes
d'ajustement" (taxe carbone par exemple) pour protéger le potentiel
de concurrence des entreprises industrielles européennes.
Quant à l'énergie, la France doit proposer par
exemple un " renouveau des relations énergétiques" entre l'UE et les pays
fournisseurs d'énergie, à côté des efforts en faveur des
économies d'énergie et des invesitssements en infrastructures énergétiques,
et des mécanismes européens de réponse à des crises
d'approvisionnement.
Un "Pacte européen sur l'immigration et l'asile"
devrait être signé sous présidence française, aboutissant à une
harmonisation des législations des pays de l'UE en la matière, sur la base
d'un consensus sur l'amélioration des contrôles aux frontières de
l'Union, l'organisation d'une immigration légale en fonction des
capacités d'accueil de chaque pays membre, l'éloignement des
étrangers en situation irrégulière, la mise en place d'un régime
commun de l'asile, la promotion du co-développement entre l'UE et
des pays d'origine des immigrés. Une conférence internationale sur le
lien entre migrations et développement se tiendra en octobre prochain à
Paris.
Durant la PFUE, Paris doit conclure le processus de
son retour à l'OTAN, avec néanmoins des "progrès sur la politilque de
défense européenne". Le gouvernement vise trois objectifs précis:
accélérer les efforts de standardisation et d'interopérabilité
des équipements militaires, renforcer le marché intérieur en matière
d'équipement et disposer d'une capacité européenne de déploiement et
de planification plus importante. Paris souhaite également établir une
"nouvelle stratégie européenne de sécurité", avec une vision commune des
menaces sur l'Europe et des moyens d'y répondre.
A partir de 2009, une réorientation de la politlique
agricole commune doit être amorcée, sur la base d'un "bilan de santé" et
des débats durant la PFUE. Le gouvernement français a promis de
défendre une série de principes pour la future PAC, par exemple
de nouveaux mécanismes de gestion des marchés permettant aux
agriculteurs de mieux vivre du prix de leur produits, une
conciliation de l'efficacité économique et l'excenlence
environnementale avec une politique de recherche et d'innovation.
Sur le plan international, un sommet prévu le 13
juillet à Paris lancera le projet d'Union pour la Méditerranée, une
initiative française amendeé par Berlin, en vue de renforcer la
coopéoration entre l'UE et les pays du Maghreb et du
Proche-Orient.