ABIDJAN, 29 juin (Xinhua) -- L'ex-directeur général
des Douanes ivoiriennes et candidat déclaré à l'élection
présidentielle, Gnamien Konan, estime "tardives" les arrestations
depuis une dizaine de jours, pour malversations, de hauts dirigeants
des structures de gestion de la filière café/cacao.
"On aurait dû arrêter l'hémorragie plus tôt, il y a
longtemps que ça dure", estime M. Gnamien Konan dans un entretien au
quotidien L'Intelligent d'Abidjan (IA, privé).
La justice ivoirienne a ouvert le 31 mai une
information contre 23 personnes, dont 18 hauts responsables de la filière
café/ cacao parmi lesquels des proches du président Laurent Gbagbo, ont
été déjà arrêtés et incarcérés à la Maison d'arrêt et de correction
d'Abidjan pour "détournements de fonds, abus de confiance, abus de biens
sociaux, escroquerie, faux et usage de faux en écriture de commerce ou de
banque".
"Cette situation est dénoncée depuis un certain
nombre d'années et s'il y avait des mécanismes de contrôle, on aurait su
que les règles ne sont pas respectées et on n'aurait pas attendu
sept années pour sanctionner ces responsables", a ajouté M. Gnamien
Konan qui dirigeait les Douanes ivoiriennes depuis 2001 avant d'être
limogé le 31 mars.
"Le but d'un gouvernement n'est pas de sanctionner,
d'emprisonner, nous croyons plus en la prévention", a-t-il soutenu.
"Il faut mettre en place des mécanismes de contrôle
partout là où il n'y en a pas encore pour éviter de se donner en spectacle
comme c'est le cas actuellement", a-t-il martélé.
Jeudi, le président Gbagbo a instruit le
Premier ministre Guillaume Soro de "proposer dans les meilleurs délais des
mesures contre la corruption (...) tout en saluant les procédures
en cours dans la filière café/cacao", selon un communiqué du Conseil
des ministres.