LOME, 29 juin (Xinhua) -- L'aide éxtérieure au
développement a "contribué à une culture de dépendance économique" en
Afrique, et empêche parfois les initiatives dans l'entreprenariat, indique
une déclaration publiée samedi à Lomé à la clôture de la 3ème
Conférence de l'Alliance des libéraux et démocrates pour
l'Europe, l'Afrique, le Pacifique et les Caraïbes (Aldepac).
"Depuis plus de 40 ans, l'aide extérieure au
développement n'a pas eu tout l'impact attendu sur l'amélioration du
bien-être d'une grande majorité d'Africains", ont rappelé les participants
à la conférence, close par le président de l'Assemblée nationale
(Parlement), Abass Bonfoh.
"Au contraire, elle (aide extérieure au
développement) a contribué à une culture de dépendance économique qui est
en concurrence et empêche parfois les initiatives dans
l'entreprenariat", selon le texte.
"Une nouvelle perspective est nécessaire afin de
revigorer les économies africaines et permettre l'émancipation
économique", selon la déclaration.
"L'initiative privée peut être le catalyseur de la
croissance économique. Une initiative privée dont l'objectif ne serait pas
tant la recherche du profit en tant que tel, mais l'opportunité pour
tous de mettre en oeuvre leurs idées et exercer leurs talents sur un marché
ouvert", ont appelé les participants.
"Un commerce international ouvert et l'intégration
régionale sont essentiels pour la création de zones de libre-échange
n'entravant pas les barrières douanières. Afin de créer un climat
favorable à l'investissement étranger, il faut une structure
combinant la bonnegouvernance, l'Etat de droit, l'absence de
corruption, une bureaucratie légère et l'accès aux crédits et micro
crédits", ont-t-ils dit.
"Moins de dépendance du côté des pays bénéficiaires
de l'aide implique plus de +ownership+. Ceci recquiert une plus grande
aide budgétaire accompagnée d'une responsabilité mutuelle adéquate, ce
qui signifie un plus grand contrôle démocratique des dépenses
publiques. Les parlements pluralistes devraient disposer des
compétences appropriées pour réaliser ce contrôle démocratique dans
la plus grande transparence", ont souligné les participants.
La promotion de la dignité humaine dans le monde, la
lutte contre le changement climatique, la gestion de l'immigration, la
lutte contre le trafic d'êtres humains, le crime international
organisé et le terrorisme, ne sont que quelques problèmes globaux
qui doivent être résolus d'urgence, ajoute la déclaration.
Réunie du 26 au 28 juin à Lomé pour un séminaire
intitulé "l'Afrique libérée, Feuille de route de l'Etat libéral et
démocrate", l'Aldepac a réaffirmé les valeurs de la démocratie
libérale qui représente les moyens de faire face aux défis.
Ouverte par le président togolais Faure
Gnassingbé, cette conférence a rassemblé les délégués de 24 pays d'Afrique,
du Pacifique et des Caraïbes, ainsi que de huit pays de
l'Union européenne.