SANTIAGO, 27 juin (Xinhua) -- Plusieurs pays ont
vivement condamné jeudi le Japon pour la soit disante pêche à la baleine
scientifique, lors de la 60e conférence de la Commission
internationale sur la pêche à la baleine (IWC).
La pêche à la baleine dans laquelle le Japon
persiste, constitue l'un des dossiers les plus sensibles de la rencontre
annuelle de l'IWC en présence de 80 Etats membres.
Les délégations mexicaine, uruguayenne, panaméenne,
argentine et espagnole ont critiqué la cruauté japonaise dans la méthode
de sa pêche à la baleine, par laquelle des baleines sont à l'agonie
pendant une heure quelquefois.
Le Japon s'est pour sa part défendu déclarant que
les 1.400 baleines qu'il pêche chaque année sont destinées à des fins
scientifiques, bien que des experts confirment que de la viande
de baleine est servie dans des restaurants japonais.
Le Japon a aussi souligné que le harpon et
l'explosif sont les moyens les plus efficaces pour la pêche à la
baleine.
Jusqu'à présent, Sainte-Lucie qui reçoit
l'assistance économique du Japon, est l'unique pays des Caraïbes à
soutenir ouvertement la pêche à la baleine nippone. Vu que l'IWC a décidé
de prendre des actions par consensus, il semble que ses Etats
membres ne pourront adopter aucune nouvelle résolution cette fois-ci
pour protéger les baleines.
Les Etats membres de l'IWC sont en désaccord sur la
pêche à la baleine depuis des années, ce qui fait que cette institution ne
peut aboutir aux 75% des voix nécessaires pour modifier les
réglementations concernées.
Le représentant chilien, Cristian Maquieira, a
signalé comme un "fait important" que le Japon ait accepté de mettre à
l'ordre du jour des négociations avec l'IWC sur la pêche à la baleine,
bien que "ces négociations sont imprévisibles".
Au cours de la conférence, l'IWC a créé un groupe de
travail composé de 24 pays pour traiter les problèmes concernant un
moratoire commercial, la pêche scientifique, le changement
climatique, la protection des baleines, les moyens non meurtriers et
la création de sanctuaires de baleines.
L'IWC a pour la première fois suivi les plaintes de
nombreuses organisations indépendantes s'opposant à la pêche à la baleine,
mais n'a pas autorisé ces dernières à prendre part aux réunions à
huis clos du groupe de travail des 24 pays.
Au nom de 13 organisations latino-américaines, Mme
Barbara Galletti du Centre de la conservation des cétacés du Chili, a
souligné à cette occasion l'importance de la protection des
baleines, parce qu'elles constituent une attraction touristique pour
la région.
Elle a aussi appelé l'IWC à renforcer sa
modernisation et sa transparence et à promouvoir la participation du
public aux discussions.
Le gouvernement chilien a annoncé cette semaine la
création d'un sanctuaire de baleines dans ses eaux territoriales, où la
pêche à la baleine sera interdite.
Mercredi, la Société mondiale pour la protection des
animaux (WSPA) a accusé le Groenland de commercialiser au moins un quart
des baleines qu'il pêche dans des supermarchés.
L'IWC a été fondée en 1946 pour protéger les
baleines, menacées d'extinction suite à la pêche abusive.
En 1986, l'IWC a promulgué un moratoire
commercial sur la pêche à la baleine qui n'est pas respecté par le Japon,
sous prétexte que sa pêche à la baleine vise des fins scientifiques.