ROME, 26 juin (Xinhua) -- La flambée des prix des
denrées alimentaires pourrait inverser la croissance agricole notable
observée ces dix dernières années dans certains des pays les plus
pauvres d'Europe et d'Asie centrale, a averti jeudi Jacques
Diouf, directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO).
"En réaction à la hausse des prix des denrées
alimentaires, les gouvernements n'ont pas toujours encouragé
l'investissement nécessaire à l'accroissement de la production et de la
productivité, préférant adopter des mesures, notamment des
limitations à l'exportation, qui ont donné lieu à l'annulation
des contrats d'exportation et à une baisse des prix versés aux
agriculteurs", a-t-il estimé, selon un communiqué publié par la
FAO.
A l'ouverture de la 26e Conférence régionale de la
FAO pour l'Europe, Jacques Diouf a affirmé que "comme dans la plupart des
régions du monde touchées par l'insécurité alimentaire, la faim
en Europe et en Asie centrale tient à la pauvreté rurale, aux
catastrophes naturelles et à celles provoquées par l'homme,
plutôt qu'à une pénurie absolue d'aliments au niveau macro
économique".
Depuis dix ans, on enregistre dans certains pays
parmi les plus pauvres de Transcaucasie et d'Asie centrale le taux le plus
élevé de croissance du revenu national par habitant. Mais cette
tendance positive des dix dernières années pourrait s'arrêter à moins que
des mesures politiques audacieuses ne soient prises pour contenir la
hausse des prix, a averti Jacques Diouf.
"Il y a un potentiel significatif de production
agricole au Kazakhstan, en Russie et en Ukraine", a aussi indiqué le
directeur général de la FAO.
"Avec un environnement de politiques favorables et
des investissements dans les infrastructures, on pourrait remettre en
culture au moins 13 millions d'hectares, sans coût
environnemental majeur", a-t-il dit.
Jacques Diouf a également dit que la principale
préoccupation de la FAO dans cette région était la pauvreté rurale qui,
dans certains pays, en particulier en Asie centrale, s'accompagne
d'une insécurité alimentaire malgré le fait qu'il existe un grand
nombre de spécialistes qualifiés dans des domaines techniques tels que
la médecine vétérinaire, les pêches, les forêts et l'agronomie.
Selon lui, ce qui fait défaut pour la
croissance agricole et rurale, ce sont des politiques de développement qui
favorisent l'agriculture commerciale et les institutions de gouvernance
et d'appui au développement des exploitations familiales et du
secteur privé.