BELGRADE, 25 juin (Xinhua) -- La vice-présidente du
Parti socialiste de Serbie(SPS), Slavica Djukic-Dejanovic, a été élue
mercredi à la tête du nouveau Parlement serbe.
Cette élection annonce la formation d'un nouveau
gouvernement serbe, après plus d'un mois suivant le scrutin du 11 mai, et
le retour des socialistes de l'ancien président décédé, Slobodan
Milosevic.
Mme Djukic-Dejanovic, candidate unique à ce poste, a
été élue par 128 de voix pour et 97 contre. Au total, 225 sur les quelque
250 députés ont participé au scrutin.
Les votes étaient nettement divisés en fonction des
lignes politiques, opposant la coalition pro-européenne "Pour une Serbie
européenne", le SPS et les partis représentant les ethnies
minoritaires, aux ultra-nationalistes du Parti radical de Serbie
(SRS), au Parti démocratique des nationalistes de Serbie et la
Nouvelle-Serbie (DSS-NS), et au Parti démocratique libéral (LDP).
Le scrutin intervient à la suite d'une journée de
débat et à l'issue de deux reports de la session du Parlement depuis son
ouverture le 11 juin dernier.
C'est le résultat de la décision du SPS de former un
gouvernement de coalition avec le bloc des pro-Européens réunis
autour du Parti démocratique (DS) du président Boris Tadic.
Lundi, le SPS a adopté à la majorité absolue une
proposition sur la formation d'un gouvernement avec la coalition dirigée
par le DS.
La semaine dernière, le SPS a interrompu les
entretiens avec la coalition du SRS de Tomislav Nikolic et du DSS-NS,
dirigé par le Premier ministre sortant, Vojislav Kostunica.
Le président du SPS, Ivica Dacic, a cité des
différences sur un accord de l'adhésion à l'UE et un plan proposé pour
augmenter les pensions comme cause de suspension.
Les socialistes veulent adhérer à l'UE, tandis que
les nationalistes, représentés par le SRS et le DSS, s'opposent à
l'intégration dans l'UE à moins que le bloc ne rejette
l'indépendance unilatérale du Kosovo déclarée le 17 février
dernier.
Le bloc pro-UE, en dépit de son opposition à
l'indépendance du Kosovo, soutient une intégration rapide à l'UE car il
estime que cette adhésion aidera la Serbie dans sa lutte pour maintenir le
Kosovo en son sein.
La décision des socialistes a mis fin à une
confusion de six semaines après les élections générales du 11 mai dernier,
lors desquelles ni les démocrates, ni les nationalistes n'ont été
capables d'assurer une majorité au Parlement de 250 sièges pour
former un nouveau gouvernement.
La coalition pro-UE "Pour une Serbie européenne",
dirigée par le président Tadic, est sortie première des élections avec 102
sièges, tandis que le SRS et le Parti démocratique des nationalistes
de Serbie et la Nouvelle-Serbie (DSS-NS) sont arrivés deuxième et
troisième respectivement avec 78 sièges et 30 sièges.
Depuis, ils sont en compétition pour soutenir le
SPS du feu dirigeant serbe Slobodan Milosevic, qui a gagné 20 sièges
avec ses deux petits alliés dans le nouveau Parlement.