(Photo d'archives :
Xinhua/Reuters)
ALGER, 24 juin (Xinhua) --
Le ministre algérien de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, qui assure
la présidence de l'OPEP, a indiqué mardi à Bruxelles que la crise des
subprimes était l'une des causes essentielles entraînant la flambée des
cours du pétrole, a rapporté l'Agence de presse algérienne APS.
Selon M. Khelil, qui est à Bruxelles pour participer
à la réunion annuelle OPEP-UE, la disponibilité en 2008 du pétrole
brut sur le marché international est meilleure qu'en 2007, mais on a
connu un retournement de conjoncture à partir du second semestre,
suite à l'apparition des effets néfastes de la crise des " subprimes"
aux Etats-Unis, et consécutivement, à la baisse de la valeur du
dollar.
Pendant les sept premiers mois de 2007, les prix
étaient relativement stables et à partir de septembre, avec l'apparition
des effets de la crise des subprimes, le cycle volatil des
hausses des prix du brut s'est enclenché, a fait remarquer M. Khelil à
l'APS.
Cette crise financière aux Etats-Unis a non
seulement provoqué la chute du dollar, mais aussi incité les fonds
d'investissements et autres spéculateurs à rechercher des placements plus
rentables à court et long termes comme celui des hydrocarbures, a-t-il
estimé.
Selon M. Khelil, les facteurs qui ont poussé les
prix du pétrole à la hausse comprennent aussi les tensions géopolitiques,
notamment les menaces d'intervention militaire contre l'Iran, grand
producteur de pétrole, la baisse de la production des pays hors-OPEP, les
crises dans différentes régions sensibles du monde, et les goulots
d'étranglement du secteur du raffinage.
L'absence de baisse des cours mondiaux suite à
l'accroissement de la production de l'Arabie Saoudite, et l'annonce par ce
pays de sa disponibilité à fournir une offre supplémentaire pour répondre
à toute demande qui s'exprimerait, est une illustration "par le
négatif" que le niveau élevé et la volatilité des cours du brut
ne sont pas le fait de l'OPEP, ni du niveau de l'offre qui est plus
que suffisant, a souligné M. Khelil.
M. Khelil estime que les prix du pétrole "ne vont
pas baisser" et l'OPEP "a déjà fait ce qu'elle peut faire" pour assurer
l'approvisionnement.
Lors d'une conférence de presse à l'issue de la
réunion OPEP-UE, il a déclaré que les prix du pétrole dépendrait également
de l'évolution du dollar dans les prochains mois.
De son côte, le commissaire européen à l'énergie,
Andris Piebalgs, a toutefois soutenu que le principal problème résidait
dans l'insuffisance de l'offre, non pas dans la spéculation sur les
marchés.
"Il n'y a pas de raison de conserver des plafonds de
production ", a-t-il estimé.