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Le président Wade appelle à des mesures immédiates pour protéger  Morgan Tsvangiray
  2008-06-24 16:17:03  

     DAKAR, 24 juin (Xinhua) -- Le président sénégalais Abdoulaye  Wade a annoncé lundi avoir lancé un appel au président de la  Commission de l'Union africaine (UA) et au secrétaire général de  l'ONU "pour que des mesures soient prises immédiatement pour  assurer la sécurité de Morgan Tsvangirai", l'opposant politique  zimbabwéen qui a trouvé refuge à l'ambassade des Pays-Bas à Harare, a rapporté l'agence de presse sénégalaise. 

     "J'ai lancé un appel au président de la Commission de l'Union  Africaine qui suit la question de très près, au secrétaire général des Nations Unies pour que des mesures soient prises immédiatement pour assurer la sécurité de Morgan Tsvangirai", a notamment  indiquéle chef de l'Etat dans une déclaration. 

     "Je vais incessamment m'entretenir au téléphone avec le  président Mugabe pour lui adresser la même demande", a ajouté le  président Wade, soulignant par ailleurs qu'il "demande avec  insistance" à son homologue zimbabwéen "d'accepter le renvoi des  élections pour que la diplomatie puisse s'engager avec l'appui de  la SADEC pour trouver une solution" à la crise qui sévit au  Zimbabwe. 

     En fait de solution, Abdoulaye Wade qui rappelle être resté "en rapport constant" avec les deux adversaires politiques souligne  avoir travaillé "sur une solution de compromis permettant d'éviter le 2e tour qui ne pourrait être que source de violences". 

     "Au demeurant, renseigne le président Wade, j'ai essayé de  convaincre les deux candidats que, dans une confrontation, le  vainqueur éventuel ne pourrait jamais gouverner puisqu'il aura en  face de lui une force quasiment égale à celle qui l'aura porté au  pouvoir et que dans ces conditions, il valait mieux trouver +un  gentlemen agreement+ sur un partage du pouvoir au plus haut niveau pour rétablir la paix dans le pays et relancer l'économie ruinée  par une inflation sans précédent". 

     Selon le chef de l'Etat sénégalais, il avait presque atteint  son but à propos de cette "solution de compromis", quand  déplore-t-il "j'ai appris que des soldats se sont introduits chez  Morgan Tsvangirai ledimanche 22 juin pour le chercher et qu'il n'a dû son salut qu'en quittant précipitamment son domicile quelques  minutes avant, avertipar des proches". 

     "Aujourd'hui, il est réfugié à l'ambassade des Pays-Bas et rien ne garantit que les soldats ne vont pas attaquer cette Ambassade  pour le saisir puisque ce ne sera pas la première fois que des  forces auront violé l'immunité diplomatique d'une ambassade",  avertit Abdoulaye Wade qui appelle à l'intervention de Jean Ping,  le président de la Commission de l'UA, et de Ban-Ki Moon, le  Secrétaire général de l'ONU pour que la sécurité de  MorganTsvangirai soit garantie. 

     Le président Wade a souligné qu'il s'inscrit "entièrement  derrière l'UA, la SADEC, les Nations Unies", de même qu'il  soutient "totalement" la démarche de l'ancien secrétaire général  de l'ONU Koffi Annan avec qui il a eu "deux longs entretiens"  téléphoniques et qui a fait lundi à la presse uneproposition  portant sur "des dispositions tout à fait concrètes pour sauver la paix" au Zimbabwe.