DAKAR, 24 juin (Xinhua) -- Le président sénégalais
Abdoulaye Wade a annoncé lundi avoir lancé un appel au président de la
Commission de l'Union africaine (UA) et au secrétaire général de
l'ONU "pour que des mesures soient prises immédiatement pour assurer
la sécurité de Morgan Tsvangirai", l'opposant politique zimbabwéen qui a
trouvé refuge à l'ambassade des Pays-Bas à Harare, a rapporté l'agence de
presse sénégalaise.
"J'ai lancé un appel au président de la Commission
de l'Union Africaine qui suit la question de très près, au secrétaire
général des Nations Unies pour que des mesures soient prises
immédiatement pour assurer la sécurité de Morgan Tsvangirai", a notamment
indiquéle chef de l'Etat dans une déclaration.
"Je vais incessamment m'entretenir au téléphone avec
le président Mugabe pour lui adresser la même demande", a ajouté le
président Wade, soulignant par ailleurs qu'il "demande avec
insistance" à son homologue zimbabwéen "d'accepter le renvoi des
élections pour que la diplomatie puisse s'engager avec l'appui de la
SADEC pour trouver une solution" à la crise qui sévit au Zimbabwe.
En fait de solution, Abdoulaye Wade qui rappelle
être resté "en rapport constant" avec les deux adversaires politiques
souligne avoir travaillé "sur une solution de compromis permettant
d'éviter le 2e tour qui ne pourrait être que source de violences".
"Au demeurant, renseigne le président Wade, j'ai
essayé de convaincre les deux candidats que, dans une confrontation, le
vainqueur éventuel ne pourrait jamais gouverner puisqu'il aura en
face de lui une force quasiment égale à celle qui l'aura porté au
pouvoir et que dans ces conditions, il valait mieux trouver +un
gentlemen agreement+ sur un partage du pouvoir au plus haut
niveau pour rétablir la paix dans le pays et relancer l'économie ruinée
par une inflation sans précédent".
Selon le chef de l'Etat sénégalais, il avait presque
atteint son but à propos de cette "solution de compromis", quand
déplore-t-il "j'ai appris que des soldats se sont introduits chez
Morgan Tsvangirai ledimanche 22 juin pour le chercher et qu'il n'a dû
son salut qu'en quittant précipitamment son domicile quelques minutes
avant, avertipar des proches".
"Aujourd'hui, il est réfugié à l'ambassade des
Pays-Bas et rien ne garantit que les soldats ne vont pas attaquer cette
Ambassade pour le saisir puisque ce ne sera pas la première fois que des
forces auront violé l'immunité diplomatique d'une ambassade",
avertit Abdoulaye Wade qui appelle à l'intervention de Jean Ping, le
président de la Commission de l'UA, et de Ban-Ki Moon, le Secrétaire
général de l'ONU pour que la sécurité de MorganTsvangirai soit
garantie.
Le président Wade a souligné qu'il
s'inscrit "entièrement derrière l'UA, la SADEC, les Nations Unies", de même
qu'il soutient "totalement" la démarche de l'ancien secrétaire général
de l'ONU Koffi Annan avec qui il a eu "deux longs entretiens"
téléphoniques et qui a fait lundi à la presse uneproposition portant sur
"des dispositions tout à fait concrètes pour sauver la paix" au
Zimbabwe.