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Fillon : le projet de l'UPM ne pourra se construire sans l'Algérie
  2008-06-23 09:30:31  

     ALGER, 22 juin (Xinhua) -- Le Premier ministre français François Fillon a estimé dimanche à Alger que le projet de l'union pour la Méditerranée (UPM) ne pourrait se construire sans  l'Algérie, soulignant qu'on veut construire une union où les deux rives de la Méditerranée seront "à parts égales dans la prise des  décisions". 

     "L'UPM ne pourra se faire sans l'Algérie, mais aussi sans la participation de l'ensemble des pays de la Méditerranée. C'est la  raison pour laquelle nous sommes attachés à ce que tous les Etats du bassin méditerranéen soient présents au sommet de création de l'union (du 13 juillet)", a déclaré le chef du gouvernement  français au cours d'un point de presse peu avant son départ à  l'issue d'une visite de deux jours en Algérie. 

     "Il ne peut pas y avoir d'union sans l'Algérie, l'Egypte, la  Syrie et Israël", a-t-il souligné.  

     M. Fillon s'est "réjoui" que ce projet eut reçu de la part du  président Bouteflika et du gouvernement algérien un "bon accueil"  qui va permettre, a-t-il expliqué, de "construire progressivement  une coopération efficace". 

     A propos des accords signés entre les deux pays, M. Fillon a  indiqué que "les plus spectaculaires" sont les deux accords que  nous avons signés sur la coopération militaire et en matière de  nucléaire civile, les qualifiant également de "première historique ". 

     Il s'agit, à propos de l'accord militaire, d'un accord de  coopération global en matière sécurité entre les deux pays, a-t-il expliqué, ajoutant que la France est "totalement disponible pour  participer à l'équipement des forces armées algériennes". 

     "Nous discutons d'un programme de construction de frégates  militaires et de l'équipement des armées algériennes en matière  d'hélicoptères", a-t-il poursuivi. 

     Qualifiant d'"inédit" l'accord en matière de nucléaire civile, M. Fillon a précisé qu'il devrait "déboucher sur la réalisation  par l'Algérie de réacteurs nucléaires produisant de l'électricité. 

     "L'objectif, a-t-il noté, est d'accompagner l'Algérie dans la  construction d'une industrie électronucléaire et de l'aider à  acquérir les compétences techniques lui permettant de maîtriser  complètement cette filière nucléaire". 

     Sur la coopération économique, le Premier ministre français  s'est prononcé pour un accroissement du volume des investissements français en Algérie tout en encourageant les grandes entreprises à investir en Algérie. 

     M. Fillon a affirmé avoir "évoqué avec le chef du gouvernement (Abdelaziz Belkhadem) les questions liées aux secteurs de  l'agroalimentaire, de la pharmacie et de l'automobile". 

     "Nous avons mis en place un accord financier qui va permettre  de faciliter encore les relations économiques", a-t-il ajouté. 

     Le chef du gouvernement algérien Abdelaziz Belkhadem a  souligné dimanche que la nature de la relation entre l'Algérie et  la France exige la poursuite du développement d'un partenariat  exceptionnel. 

     "La nature de la relation entre les deux pays, l'intensité des intérêts de l'Algérie en France et des intérêts de la France en  Algérie, exigent que nous continuons à développer un partenariat  exceptionnel entre les deux pays", a souligné M. Belkhadem au  cours d'une conférence de presse conjointe avec le Premier  ministre français François Fillon. 

     En ce qui concerne la position de l'Algérie sur le projet de  l'UPM, M. Belkhadem a relevé que "l'idée avancée par le président  Nicolas Sarkozy ne concernait au départ que les pays riverains de  la méditerranée pour réaliser des projets à géométrie variable",  mais "après les changements apportés à l'idée et l'intégration des 27 pays de l'UE, le projet proposé est complètement différent du  projet initial". 

     "Nous ne savons pas aujourd'hui si on doit discuter avec Paris ou bien avec Bruxelles pour construire cette UPM", a conclu M.  Belkhadem.