ALGER, 22 juin (Xinhua) -- Le Premier ministre
français François Fillon a estimé dimanche à Alger que le projet de
l'union pour la Méditerranée (UPM) ne pourrait se construire sans
l'Algérie, soulignant qu'on veut construire une union où les deux
rives de la Méditerranée seront "à parts égales dans la prise des
décisions".
"L'UPM ne pourra se faire sans l'Algérie,
mais aussi sans la participation de l'ensemble des pays de la Méditerranée. C'est
la raison pour laquelle nous sommes attachés à ce que tous les Etats
du bassin méditerranéen soient présents au sommet de création de l'union (du
13 juillet)", a déclaré le chef du gouvernement français au cours d'un
point de presse peu avant son départ à l'issue d'une visite de deux jours
en Algérie.
"Il ne peut pas y avoir d'union sans l'Algérie,
l'Egypte, la Syrie et Israël", a-t-il souligné.
M. Fillon s'est "réjoui" que ce projet eut reçu de
la part du président Bouteflika et du gouvernement algérien un "bon
accueil" qui va permettre, a-t-il expliqué, de "construire progressivement
une coopération efficace".
A propos des accords signés entre les deux pays, M.
Fillon a indiqué que "les plus spectaculaires" sont les deux accords que
nous avons signés sur la coopération militaire et en matière de
nucléaire civile, les qualifiant également de "première
historique ".
Il s'agit, à propos de l'accord militaire, d'un
accord de coopération global en matière sécurité entre les deux pays,
a-t-il expliqué, ajoutant que la France est "totalement disponible pour
participer à l'équipement des forces armées algériennes".
"Nous discutons d'un programme de construction de
frégates militaires et de l'équipement des armées algériennes en matière
d'hélicoptères", a-t-il poursuivi.
Qualifiant d'"inédit" l'accord en matière de
nucléaire civile, M. Fillon a précisé qu'il devrait "déboucher sur la
réalisation par l'Algérie de réacteurs nucléaires produisant de
l'électricité.
"L'objectif, a-t-il noté, est d'accompagner
l'Algérie dans la construction d'une industrie électronucléaire et de
l'aider à acquérir les compétences techniques lui permettant de maîtriser
complètement cette filière nucléaire".
Sur la coopération économique, le Premier ministre
français s'est prononcé pour un accroissement du volume des
investissements français en Algérie tout en encourageant les grandes
entreprises à investir en Algérie.
M. Fillon a affirmé avoir "évoqué avec le chef du
gouvernement (Abdelaziz Belkhadem) les questions liées aux secteurs de
l'agroalimentaire, de la pharmacie et de l'automobile".
"Nous avons mis en place un accord financier qui va
permettre de faciliter encore les relations économiques", a-t-il
ajouté.
Le chef du gouvernement algérien Abdelaziz Belkhadem
a souligné dimanche que la nature de la relation entre l'Algérie et
la France exige la poursuite du développement d'un partenariat
exceptionnel.
"La nature de la relation entre les deux pays,
l'intensité des intérêts de l'Algérie en France et des intérêts de la
France en Algérie, exigent que nous continuons à développer un partenariat
exceptionnel entre les deux pays", a souligné M. Belkhadem au cours
d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre français
François Fillon.
En ce qui concerne la position de l'Algérie sur le
projet de l'UPM, M. Belkhadem a relevé que "l'idée avancée par le
président Nicolas Sarkozy ne concernait au départ que les pays riverains
de la méditerranée pour réaliser des projets à géométrie variable",
mais "après les changements apportés à l'idée et l'intégration des 27
pays de l'UE, le projet proposé est complètement différent du projet
initial".
"Nous ne savons pas aujourd'hui si on doit
discuter avec Paris ou bien avec Bruxelles pour construire cette UPM", a conclu
M. Belkhadem.