ALGER, 22 juin (Xinhua) -- Le président algérien
Abdelaziz Bouteflika maintient dimanche le suspense sur son éventuelle
participation au sommet de lancement du projet d'Union pour la
Méditerranée (UPM) prévu pour le 13 juillet prochain à Paris.
Dimanche à l'issue d'une audience de deux heures
vingt minutes accordée au Premier ministre français François Fillon, le
président Bouteflika a dit : "Chaque chose en son temps", en
répondant à une question de savoir s'il allait ou non prendre part au
sommet du 13 juillet à Paris pour le lancement de l'UPM.
Le chef de l'Etat algérien a tenu ces propos sur le
perron du bureau présidentiel du Palais El Mouradia, sur les hauteurs
d'Alger, en présence du chef du gouvernement français.
François Fillon avait auparavant indiqué que
l'Algérie et la France "veulent des résultats" de leur coopération
bilatérale dont ils vont suivre l'évolution "mois par mois".
"Nous avons avec le président Bouteflika insisté
sur le fait qu'il fallait maintenant avoir des résultats et suivre de
façon très précise, mois après mois, le bilan de la
coopération bilatérale", a déclaré M. Fillon à la presse à l'issue
d'une audience que lui a accordée le président Bouteflika.
"Nous avons évoqué ensemble tous les sujets
de coopération bilatérale et multilatérale, avec en particulier l'Union pour
la Méditerranée", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre français a dit "constater qu'il
y a un climat de très grande franchise entre la France et l'Algérie et
un climat de confiance qui s'est instauré".
"J'ai été reçu par le gouvernement algérien et
maintenant par le président Bouteflika avec beaucoup de chaleur et en même
temps avec une volonté de mettre en oeuvre tous les engagements qui ont
été pris par le président Nicolas Sarkozy et le président Bouteflika
lors de la visite d'Etat du président Sarkozy à Alger" en décembre
dernier, a-t-il poursuivi.
L'Algérie et la France ont signé samedi un
accord sur "le développement et l'utilisation pacifique de l'énergie
nucléaire", un autre sur la coopération dans le domaine de la Défense et
le mémorandum d'entente de coopération financière visant à faciliter
les relations économiques franco-algériennes.
Au cours d'une visite d'Etat du président Nicolas
Sarkozy en décembre 2007, l'Algérie était devenue le premier pays arabe à
conclure un plan de coopération avec la France sur le nucléaire
civil, rappelle-t-on.
Selon des observateurs locaux, la visite de
M. Fillon a pour but de relancer la relation franco-algérienne, et
notamment de tenter de convaincre le président Abdelaziz Bouteflika d'assister
au premier sommet de l'UPM à Paris et d'engager l'Algérie dans ce
projet cher à Nicolas Sarkozy.
Samedi après-midi, M. Fillon s'est dit
confiant que l'Algérie, "pays-clé, (...) s'associera pleinement" à l'UPM.