BEIJING, 22 juin (Xinhua) -- Le séisme survenu au
district de Wenchuan de la province du Sichuan, en Chine du sud-ouest,
était une surprise, et le gouvernement de Mianzhu, petite ville avec
une population de 513 000 habitants située au sud-est de l'épicentre,
était préparé mais pas suffisamment.
La ville a établi un plan d'urgence relatif au
tremblement de terre il y a deux ans, a affirmé Deng Qiang, secrétaire
général adjoint du gouvernement de la ville de Mianzhu.
Le plan a anticipé quatre sénarios de secousse, dont
le pire envisageait 300 morts et des pertes économiques d'environ 1% du
Produit intérieur brut (PIB) municipal, qui était d'environ 14
milliards de yuans. Cependant, le tremblement de terre du 12 mai de
magnitude 8 a tué plus de 11 000 personnes et causé 117,9 milliards de
yuans de dégâts, selon le gouvernement de Mianzhu.
"Nous avons souffert d'un grave manque de
secouristes professionnels. Le nombre de pompiers et soldats des forces
armées de la ville, plus celui de la ville voisine de Deyang, était
inférieur à mille. Plusieurs résidents locaux ont été obligés de
compter sur eux-mêmes", a dit Deng. "Le volume des équipements
médicaux et des médicaments disponibles était loin de satisfaire les
besoins".
Depuis l'épidémie du SARS en 2003, les autorités
chinoises ont élaboré une série de lois et règlements sur la réaction
publique d'urgence. Bon nombre de départements gouvernementaux,
d'institutions d'Etat et d'entreprises ont aussi créé des programmes
d'urgence. Peu après le séisme du 12 mai, le Conseil des Affaires d'Etat a
lancé le système de réaction d'urgence de catégorie 1 et d'autres plans
d'urgence ont été déclenchés. C'était la première fois que la Chine
déclarait l'état d'urgence au plus haut niveau depuis la fondation de la
République populaire de Chine en 1949. La situation a demandé de tous les
départements gouvernementaux et institutions engagés dans les efforts de
secours qu'ils reportent leur travail directement au Conseil des
Affaires d'Etat, et le gouvernement central devait allouer les fonds
de secours pas plus tard que 24 heures après que le sinistre a eu
lieu.
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao s'est envolé
vers l'épicentre du district de Wenchuan environ deux heures à la
suite du séisme. Il a atteint la ville de Dujiangyan trois heures plus
tard. La ville est située à 50 kilomètres de Wenchuan mais
c'était l'endroit le plus proche de l'épicentre qu'il pouvait atteindre,
toutes les routes menant à Wenchuan ayant été endommagées. Un centre
de secours provisoire a été créé et des efforts remarquables de secours
ont démarré, dont on se souviendra pendant des générations.
L'armée était sans aucun doute la force la plus
importante dans les opérations de secours. Le Commandement de la Région
militaire de Chengdu a mis en place un centre de secours dix minutes après
le séisme. L'Armée populaire de Libération a opéré sous le slogan
"le sinistre est un ordre d'agir et chaque seconde compte". En
quelques jours, 110 000 soldats et membre du personnel paramilitaire
ont participé aux opérations de secours dans les régions les plus touchées
par le séisme.
Neuf aéroports de la province du Sichuan ont
maintenu leur opération normale. Avions, trains et camions ont transporté
des personnes et matériel de toutes les parties du pays vers la zone
sinistrée et plus tard des blessés en lieu sûr.
La reprise des lignes de
télécommunications et d'approvisionnement en électricité et carburant étaient
la priorité. Des médecins venus d'autres parties du pays ont traité des
blessés et essayé de prévenir les épidémies.
La couverture à temps de la campagne de secours par les
médias a été largement créditée de l'arrêt de la propagation des rumeurs
et de la panique de masse et de l'établissement d'un soutien
populaire national au gouvernement sans précédent. Elle a aussi
testé les engagements du gouvernement en matière d'ouverture et
de transparence des informations et constitué un essai réussi des
règlements sur la publication des informations du gouvernement
qui est entré en vigueur le 1er mai, a commenté le quotidien Macao
Daily.
Des équipes de secours et médicales avec de
l'expertise et des équipements sophistiqués sont venues du Japon, de
Russie, de République de Corée, de Singapour, de Cuba, d'Italie,
d'Allemagne, de Grande-Bretagne et de France. On ne sait pas encore si
l'invitation d'équipes de secours étrangères était inclue dans un
plan d'urgence du gouvernement chinois, mais elle était en tous cas
sans précédent.
"La réaction du gouvernement a été bien meilleure
qu'auparavant ", a dit le journal japonais FujiSankei Business.
Toutefois, les plans d'urgence et de réaction
n'étaient pas sans problème restropectivement.
Le transport de matériel de secours était
quelquefois désordonné, ne parvenant pas aux plus nécessiteux.
Force complémentaire importante des efforts
gouvernementaux, les bénévoles doivent recevoir des formations et leur
emploi être mieux organisé. Certains bénévoles eux-même avaient besoin de
secours après avoir atteint la zone sinistrée et le volume énorme de
voitures privées a contribué aux embouteillages sur les routes
encombrées.
Le pays a subi deux désastres naturels cette année,
dont une sévère tempête de neige en février et le séisme à Wenchuan. On
peut supposer que des leçons seront prises et que la Chine
devrait faire face aux défis du futur en étant mieux préparée et avec
plus de confiance.