NEW YORK, 22 juin (Xinhua) -- Certains dirigeants
occidentaux ont besoin de mieux connaître le Tibet et le Dalaï lama, a
indiqué l'éditrice en renom Louise T. Blouin MacBain.
"Certains chefs d'Etat ne savent même pas qu'il y
avait des esclaves au Tibet dans les années 1950. Ils n'ont pas non plus
un image clair sur le Tibet d'aujourd'hui", a-t-elle affirmé dans
une récente interview accordée à Xinhua.
"C'est pourquoi ils font parfois des erreurs sur les
problèmes liés au Tibet", a ajouté Mme MacBain, qui a été le premier
visiteur étranger à Lhasa, chef-lieu du Tibet, après les émeutes du
14 mars dernier.
Elle a exhorté ces chefs d'Etat à s'informer
"davantage de faits sur le Tibet et le Dalaï lama".
D'après Mme MacBain, présidente de la Fondation
Louise T. Blouin Foundation, c'est gênant de voir que certains chefs
d'Etat connaissent peu le Tibet et le Dalaï lama.
"Je veux donc leur dire tout ce que je sais pour les
aider à avoir une meilleure compéhension sur le problème du Tibet",
a-t- elle dit.
Evoquant les propos du Dalaï lama à Rauters le 10
avril selon lesquels les Tibétains doivent contrôler leur propre défense
et politique extérieure", elle s'est déclarée "très confuse"
vis-à- vis de cette position. "Qu'est-ce qu'il veut avec tout ça?"
a-t- elle demandé.
Mme MacBain a dit que depuis les émeutes du 14 mars,
elle avait proposé aux chefs d'Etat et médias occidentaux de prendre la
"voie moyenne" pour connaître les faits concernant les demandes du
Dalaï lama.
Le Dalaï lama "cherche à avoir le contrôle politique
sur plus de 25% de la Chine et à agrandir le Tibet au delà des frontières
de la Région autonome du Tibet", a-t-elle noté, déclarant que ce
n'est pas "raisonnable" et que même le chef d'Etat d'un pays
occidental avait affirmé refuser une telle demande s'il devait
traiter ce problème.
Mme MacBain, qui est aussi la fondatrice de New
Globalization Platform, une partie de la "Global Creative Leadership
Initiative", a par ailleurs estimé qu'il n'est pas "salutaire" pour le
Dalaï lama de critiquer la Chine lors de ses voyages dans le monde.
"Ce n'est pas constructif", a-t-elle souligné.
A propos de ce qu'elle a vu à Lhasa, Mme MacBain a
déclaré qu'elle était "impressionnée par ce que j'ai vu au Tibet", où
personne ne souffre de la faim, tous les enfants vont à l'école, le
taux de l'alphabétisation est passé de 5% des années 1950 à
95% d'aujourd'hui, et le taux de croissance économique est de 14%.
"Ils (Chine) vont investir 70 millions de dollars
dans la protection culturelle", a-t-elle dit.
"Les dirigeants de certains pays ne connaissent pas
ce qui se passe en Chine, ce qu'ils connaissent sur le Tibet est
essentiellement basé sur les reportages des médias occidentaux. Ils
se font même l'écho des allégations du Dalaï lama affirmant qu'il y a un
"génocide culturel" au Tibet", a indiqué Mme MacBain.
"C'est difficile d'appércier la Région autonome du
Tibet d'aujorud'hui sans aller personnellement à Lhasa (...) voir les
développements réalisés depuis 1950", a lu Mme MacBain sur ce
qu'elle avait écrit.
"Il y a un effort et une conscience croissants pour
préserver, renforcer et promouvoir la culture tibétaine, au lieu d'un
génocie culturel", a-t-elle affirmé, ajoutant que le Tibet décrit par le
Dalaï lama "n'est pas celui que j'ai vu de mes propres yeux".
"Ce que j'ai vu est positif et je suis
particulièrement reconnaissante pour les grands efforts faits par la Chine
pour préserver l'indépendance culturelle tibétaine et ses monastères",
a-t-elle déclaré.
"Je vais informer les chefs d'Etat de davantage
de faits au Tibet, car je pense que certains d'entre eux connaissent peu
le Tibet et aussi la Chine", a-t-elle dit, estimant que s'ils sont
bien informés, ils peuvent prendre des décisions correctes et distinguer
la vérité de la fausseté.