RIYAD, 21 juin (Xinhua) -- L'Arabie saoudite, la
première exportatrice mondiale de pétrole, abritera dimanche une
conférence internationale sur l'énergie, pour discuter des moyens à
entraver l'envolée des prix pétroliers.
La réunion rassemblera, dans la ville de Djeddah au
bord de la Mer Rouge, des producteurs et des consommateurs importants du
monde, à l'instar des dirigeants des compagnies et des organisations
internationales en matière de pétrole. Le vice-président chinois Xi
Jinping, le secrétaire général américain à l'Energie Samuel W. Bodman, le
Premier ministre britannique Gordon Brown ainsi que le secrétaire général
de l'Organisation de pays exportateurs de pétrole (OPEP) Abdullah al-Badri
y sont attendus.
En tant que géant dans l'exportation de pétrole,
l'Arabie saoudite a accumulé sans aucun doute une énorme fortune à partir
de la montée des prix pétroliers. La question se pose sur la raison
pour laquelle ce riche royaume convoque cette réunion.
SOULAGER LA PRESSION, DEMONTRER LA
DETERMINATION
L'Arabie saoudite, avec la possession de plus
d'un-cinquième des réserves pétrolières du monde, a convoqué cette réunion
en réponse aux critiques selon lesquelles ce géant pétrolier n'a pas
fait de son mieux pour élargir la production de brut.
Riyad fait face actuellement à des pressions sans
précédentes du fait que les cours ne cessaient de monter ces derniers mois
à une vitesse vertigineuse. Les cours ont doublé en un an pour
dépasser la barre de 140 dollars le baril, en provoquant les
protestations globales et les inquiétudes sur son effet nuisible à la
croissance économique et la sécurité énergétique du monde entier.
Plusieurs pays consommateurs de pétrole ont attribué
l'envolée des cours à l'approvisionnement insuffisant et accusé l'OPEP de
rejeter l'augmentation de la production.
Aux Etats-Unis, premier consommateur d'énergie au
monde, la Chambre des représentants a adopté en mars dernier un projet de
loi qui autorise le gouvernement américain à poursuivre l'OPEP en
justice pour la maîtrise des prix pétroliers.
L'Arabie saoudite doit agir pour démontrer sa
détermination à maintenir la stabilité du marché pétrolier, faisant face à
la pression. Elle doit faire tout ce qu'elle peut pour conduire les
cours "d'une hauteur anormale" aux "niveaux adéquats", a déclaré la
semaine dernière le roi Abdullah bin Abdul-Aziz d'Arabie saoudite au
secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
En passant un message au monde que son pays est un
exportateur responsable, le ministre saoudien du Pétrole et des Ressources
minières Ali Bin Ibrahim Al-Nouaimi a confirmé vendredi que la
monarchie produira 9,7 millions de barils de brut par jour en
juillet, soit une hausse de 550.000 barils par jour par rapport
au mois de mai, et une production quotidienne record depuis août
1981.
POUR PROMOUVOIR LA COOPERATION ENTRE CONSOMMATEURS
ET PRODUCTEURS
Les pays membres de l'OPEP, rejetant les accusations
des pays consommateurs, ont mis en cause les spéculations pour la flambée
des cours et appelé à la régulation améliorée des marchés
financiers.
Ils ont attribué également la hausse des cours à la
faiblesse du dollar et l'escalade de la tension géopolitique, au lieu du
désequilibre entre l'approvisionnement et la demande.
Les puissances économiques mondiales, telles que les
Etats-Unis, les pays européens et le Japon, ont toutes subi une chute libre
de la croissance, tandis que la hausse des prix pétroliers pourrait
entraver leur développement économique et répandre alors la
récession au reste du monde. Par conséquent, les exportateurs
pétroliers, dont l'Arabie saoudite, pourraient en souffrir
également.
De l'autre côté, la flambée des cours forcera les
importateurs de recourir à l'énergie alternative.
L'Arabie saoudite souhaite que la conférence de
Djeddah puisse promouvoir le dialogue et la coordination entre les
exportateurs et les consommateurs.
POUR RETENIR L'INFLATION, DEVELOPPER
L'INFLUENCE
La situation intérieure de l'Arabie saoudite exige
également la prise des mesures
Stimulés par la flambée des cours pétroliers, les
prix des denrées alimentaires ainsi que d'autres ressources sont en
ascension également. L'Arabie saoudite, qui doit importer tout sauf
le brut, a souffert d'une inflation record de 10,5%, soit la plus élevée
depuis 27 ans.
En terme géopolitique, L'Arabie saoudite, dont
la puissance économique s'accumule à une vitesse surprenante ces
dernières années, tente de promouvoir son influence sur la scène régionale
et internationale, et la prochaine réunion de Djeddah constituera pour
elle une opportunité pour démontrer son position significative.