(Photo: Xinhua)
BRUXELLES, 20 juin (Xinhua) -- Les dirigeants des
pays membres de l'Union européenne (UE) ont des idées divergentes dans
l'élaboration d'une stratégie commune contre la hausse des prix
du pétrole, lors de la réunion de deux jours du Conseil européen qui
a pris fin vendredi à Bruxelles.
"Il y avait des divergences entre les Etats membres,
certains voulant réduire la TVA (sur les carburants) et d'autres y étant
fortement opposés", a déclaré à la presse le président de la
Commission européenne (CE), José Manuel Barroso.
La proposition sur la réduction de la TVA sur les
carburants, présentée au Conseil par le président français Nicolas
Sarkozy, vise à atténuer l'impact de la hausse des prix du pétrole. Cette
idée est controversée au sein de la CE et parmi les pays membres de
l'UE.
L'Allemagne et la Suède sont venues en tête d'une
majorité des 27 pays membres pour s'opposer à l'idée française d'autoriser
les Etats à utiliser les surplus de TVA engendrés par la hausse du
prix du pétrole pour aider les routiers, les pêcheurs et les
agriculteurs.
Devant une telle opposition, M. Sarkozy s'est montré
déterminé dans sa position, disant: "je ne céderai pas, je me battrai".
"A 40 dollars le baril et à 200 dollars le baril, il
n'est pas normal que la TVA reste au même niveau", a-t-il relevé.
"L'Europe doit montrer que sur de telles questions,
qui visent la vie quotidienne des citoyens, pour répondre à leur
inquiétude, nous avons une capacité à agir", a souligné le président
français.
Dans ses conclusions finales, le Conseil européen a
demandé " d'éviter des mesures fiscales ou d'autres interventions publiques
qui auraient des effets de distorsion, étant donné qu'elles
empêchent les agents économiques de procéder aux ajustements
nécessaires".
Etant différent de plusieurs autres dirigeants de
l'UE, M. Barroso a estimé qu'il serait possible de réduire les taxes sur
les carburants et de taxer les profits extraordinaires des
compagnies pétrolières, comme le souhaite par exemple l'Italie. Les
Etats membres sont également libres de venir en aide aux catégories les
plus défavorisées, par exemple par des aides au remplissage des cuves de
chauffage, a-t-il rappelé.
Devant ces idées divergentes, le Conseil européen a
invité la présidence future de l'UE en coopération avec la CE à "examiner
la faisabilité et l'impact de mesures de taxation destinées à
atténuer l'impact des hausses soudaines du prix du pétrole, et à
rendre ses conclusions avant le sommet de l'UE en octobre prochain ",
selon une déclaration publiee vendredi à l'issue de la réunion du Conseil
européen.
A partir du 1er juillet, la France succédera à la
Slovénie pour assurer la présidence de l'UE, pendant le second semestre de
2008.
La réunion du Conseil a eu lieu un jour après que
des centaines de routiers, pêcheurs et agriculteurs belges eurent bloqué
une partie des routes à l'intérieur et autour de Bruxelles pour
protester contre la hausse des prix des carburants et d'autres
produits de première nécessité.
Il y a juste deux semaines, une protestation tenue
par des pêcheurs français, espagnols et portugais près du siège de l'UE à
Bruxelles, s'est transformée en une violence. D'autres protestations
similaires ont également eu lieu dans plusieurs pays membres de l'UE,
incitant les gouvernements à envisager des mesures d'urgence.
Lors de leur réunion, les dirigeants européens ont
examiné les conséquences de la hausse des prix du pétrole sur les domaines
économique, commercial, agricole, énergétique et environnemental et
décidé de prendre des mesures à court et long termes.
"Nous avons discuté de choses importantes qui
concernent les préoccupations premières de nos citoyens. Il s'agit des
prix de l'énergie et du coût de la vie. Nous pensons que nous pouvons
faire quelque chose ensemble," a indiqué M. Barroso.
Les dirigeants européens ont décidé d'autoriser les
pays membres de prendre des mesures selon la situation de leur propre
pays pour faire face à la flambée des prix des carburants et
d'autres produits de première nécessité tout en respectant la
stratégie à long terme de l'Union, a-t-il ajouté.