Par YANG Ling
GENEVE, 20 juin (Xinhua) -- Le Haut Commissaire des
Nations Unies pour les réfugiés, Antnio Guterres, a appelé vendredi à la
" prévention", la meilleure résolution de la question de réfugiés et
de déplacés internes, dans une déclaration écrite publiée à l'occasion de
la Journée mondiale des réfugiés.
"La meilleure solution (à la question de réfugiés et
de déplacés internes) est toujours la prévention", a indiqué M.
Guterres, qui effectue actuellement une visite au Kenya.
"Il nous faut mieux comprendre les motivations du
déplacement, les raisons pour lesquelles les Etats ne peuvent ou ne
veulent offrir aux citoyens une sécurité physique, matérielle ou
juridique ", a-t-il poursuivi.
"Aujourd'hui, le monde est différent et la
protection aux réfugiés est beaucoup plus difficile", a rappelé M.
Guterres.
Quelque 11,4 millions de réfugiés et 26 millions de
personnes déplacées internes vivent à travers le monde fin 2007, selon un
rapport du HCR publié à la veille de la Journée mondiale des
réfugiés.
"Un conflit peut avoir aujourd'hui des motivations
politiques, mais si on regarde en profondeur on découvre la pauvreté, la
mauvaise gouvernance ou la dégradation de l'environnement due aux
changements climatiques entraînant une concurrence pour des
ressources rares", a indiqué le Haut commissaire de l'ONU.
"Les pénuries récentes de vivres et de carburants
ont eu des répercussions immédiates et tragiques sur les pauvres et les
démunis, y compris les réfugiés et les déplacés", a-t-il dit.
"Les augmentations de prix démesurées ont généré une
instabilité même des conflits dans de nombreuses régions du
monde, faisant courir un risque réel de déplacements ultérieurs", a
averti M. Guterres.
"Ces nouveaux défis nous pressent d'autant à trouver
les moyens de s'attaquer efficacement aux causes profondes de plus en plus
complexes du déplacement", a-t-il souligné.
SUJET DE PREOCCUPATION
"Après une baisse du nombre de réfugiés pendant cinq
ans, de 2001 à 2005, nous assistons à une augmentation pour la deuxième
année consécutive ; c'est un sujet de préoccupation", a déploré
M. Guterres, cette semaine à Londres, où il a lancé une semaine
d'activités pour célébrer la Journée mondiale du réfugié.
"Nous sommes confrontés avec un mélange complexe de
défis mondiaux qui menacerait même plus de déplacement forcé dans le
futur", a-t-il dit.
"Au HCR, nous axons nos efforts sur la protection
des droits et du bien-être des réfugiés. Pour ce faire, nous garantissons à
ceux qui fuient la violence et la persécution un accès à la sécurité
et à l'assistance de base, ainsi qu'un appui à plus long terme au
cours de l'exil et, en dernier ressort, des solutions durables afin
qu'ils puissent redémarrer dans la vie", a indiqué M.Guterres dans sa
déclaration écrite.
Le nombre de réfugiés sous la responsabilité du HCR
est passé de 9,9 à 11,4 millions à la fin de l'an 2007, alors que le
nombre total de personnes déplacées internes en raison d'un conflit est
passé de 24,4 à 26 millions, selon le Centre de surveillance des
déplacements internes.
Le HCR fournit protection et assistance à 13,7
millions d'entre elles de manière directe ou indirecte, contre 12,8
millions en 2006, selon le dernier rapport mondial sur les réfugiés.
"La plupart de l'augmentation de réfugiés en 2007
était à cause de la situation instable en Irak", a indiqué le HCR dans son
enquête annuelle de "Global Trends" (Tendances mondiales).
La Colombie, l'Irak, la République démocratique de
Congo (RDC) et l'Ouganda ont connu le nombre le plus élevé de personnes
déplacées.
"Les pays qui accueillent le plus de réfugiés sont
le Pakistan, la Syrie, l'Iran, l'Allemagne et la Jordanie", selon ce
rapport.
Les principaux pays qui accueillent les réfugiés ou
immigrés son les Etats-Unis, l'Afrique du Sud, la Suède, la France, la
Grande-Bretagne, le Canada et la Grèce. Fin