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OPEP: La réunion de Djeddah, une occasion d'échange d'opinions sur la hausse des prix du pétrole
  2008-06-21 08:58:27  

     ALGER, 20 juin (Xinhua) -- La réunion prévue dimanche prochain à  Djeddah, en Arabie saoudite, sur l'énergie sera l'occasion pour  les différents acteurs du marché pétrolier d'échanger leurs  opinions sur la hausse des prix du brut pour tenter de traiter ce  problème, a affirmé le ministre algérien de l'Energie et des Mines Chakib Khelil. 

     L'Arabie saoudite a décidé de convoquer une réunion entre les  pays producteurs et consommateurs ainsi que les groupes pétroliers pour définir les causes de la hausse des cours du pétrole, a  indiqué M. Khelil dans un entretien accordé à l'agence de presse  algérienne APS à la veille de la réunion de Djeddah dont  l'objectif principal consiste, selon lui, à "clarifier les  positions concernant les raisons de cette hausse". 

     La position algérienne sur la réunion de Djeddah est toujours  "pour le dialogue et l'échange d'idées sur une base rationnelle et logique", a affirmé M. Khelil, ajoutant qu'"il faut focaliser les  débats de cette réunion sur le problème de la spéculation pour  approfondir encore plus notre compréhension du marché pétrolier". 

     A la question de savoir si l'Organisation des pays  exportateurs du pétrole (OPEP) avait adopté une démarche commune  en prévision de cette rencontre, M. Khelil, qui est actuellement  président en exercice de l'OPEP, a indiqué qu'"on ne peut pas  parler de démarche commune de l' OPEP à la réunion de Djeddah car  elle n'a pas prévu de réunion dans ce sens". 

     "Je suis invité en tant que ministre algérien de l'Energie et  des Mines. Donc, je n'ai pas un mandat de l'OPEP pour une position de cette organisation", a-t-il indiqué. 

     L'OPEP continuera à favoriser le dialogue, comme avec l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et le Forum international de  l'énergie (FIE), a indiqué M. Khelil, soulignant que les membres  de l'OPEP qui participeront à Djeddah donneront leur point de vue. 

     M. Khelil a également rappelé le dialogue permanent entretenu  par l'OPEP avec les pays producteurs non membres comme la Russie,  Oman, l'Egypte, la Syrie, le Mexique et le Brésil sur des sujets  liés à la transparence de l'information concernant notamment le  stockage. 

     C'est un travail qui se fait dans le cadre de l'initiative  commune entre l'OPEP et l'AIE ainsi que le FIE qui se réunit  régulièrement, a expliqué le président de l'OPEP. 

     En ce qui concerne les principaux facteurs haussiers, M.  Khelil a rejeté catégoriquement l'idée soutenue par les pays  consommateurs selon laquelle cette augmentation des prix est due à une baisse de la production. 

     D'autres "raisons plus importantes" sont à l'origine de la  hausse des cours telles que la spéculation et les tensions  géopolitiques en plus des facteurs sous-jacents comme la capacité  de raffinage limitée qui, combinées à l'introduction du bioéthanol, a généré une baisse de la disponibilité du gasoil et, par  conséquent, une hausse des prix de ce carburant, a-t-il estimé. 

     Les taxes prélevées par les grands pays consommateurs comme la France et l'Angleterre sur les produits pétroliers constituent une autre cause de la hausse des prix du brut, selon M. Khelil. 

     Il a déploré sur ce point, le fait que ces pays refusent de  réduire ces taxes en arguant qu'une "telle mesure favoriserait la  consommation du pétrole". 

     L'OPEP n'intervient qu'avec 40% de la production mondiale,  alors que les plus grands producteurs de pétrole sont les Etats- Unis, la Norvège et la Russie qui ne sont pas membres de cette  organisation. L'Algérie n'assure que 2% de la production globale,  contre 12% pour la Russie, a indiqué M. Khelil. 

     En ce qui concerne l'appel de certains pays consommateurs  comme l'Australie pour demander à l'OPEP d'augmenter sa production pour faire baisser les cours, M. Khelil a répondu que ces pays  devraient, à leur tour, augmenter la production de leurs matières  premières comme le fer, le phosphate ou encore le charbon dont les cours sont très élevés sur le marché international. 

     "Va-t-on demander aux pays qui produisent des voitures, des  ordinateurs, des panneaux solaires ou des turbines à gaz  d'augmenter leurs productions sous prétexte que ces prix sont très élevés?", s'est-il interrogé soulignant que "demander aux pays  producteurs de pétrole d' augmenter leur offre est illogique et  irrationnel". 

     M. Khelil a souligné que l'OPEP ne veut pas profiter de la  situation du marché et obtenir des prix élevés. 

     "Si elle l'avait voulu, elle l'aurait fait en 2003 lorsque la  production du Venezuela (3 millions de barils par jour) avait  complètement été réduite, en plus le Nigeria a diminué à ce moment là sa production d'un million de barils par jour", a t-il rappelé. 

     Or, l'OPEP avait pris la décision d'augmenter sa production  pour pallier ce déficit de 4 millions de barils par jour, a  précisé M. Khelil. 

     A une question sur l'augmentation annoncée par les médias de  la production de l'Arabie saoudite, le ministre a exclu un impact  de cette mesure sur les cours du pétrole. 

     "Les médias ont parlé d'une augmentation de 300.000 barils/j  de l'Arabie saoudite, en tous cas, l'impact sur le marché est nul, le baril est toujours à 136 dollars, je ne crois pas que c'est  cela le problème", a-t-il conclu.