BRUXELLES, 20 juin (Xinhua) -- Les dirigeants des
pays membres de l'Unon européenne (UE) ont adopté vendredi les conclusions
après leur sommet de deux jours, dans lesquelles ils ont décidé
de réexaminer le dossier irlandais lors du prochain sommet de l'UE
en octobre prochain.
Les dirigeants de l'UE ont décidé d'accepter la
proposition de l'Irlande de réexaminer le dossier irlandais au prochain
sommet du 15 octobre, a déclaré le Premier ministre Janez Jansa de la
Slovenie, président en exercice de l'UE, lors d'une conférence de
presse après le sommet de l'UE dominé par le rejet irlandais du
traité de Lisbonne.
M. Jansa a indiqué que davantage de temps sont
nécessaires pour analyser la situation. Pendant ce temps, le gouvernement
irlandais fera des consultations dans son pays et dans d'autres pays
membres de l'UE pour trouver un chemin commun à parcourir, d'après les
conclusions du sommet.
Au prochain sommet de l'UE, les dirigeants européens
pourraient "traiter la question de savoir comment remédier à la situation
après le vote 'non' du référendum irlandais", mais aucune
date- butoir ne sera fixée "ni pour l'Irlande, ni pour d'autres", a
affirmé M. Jansa.
Lors d'un référendum tenu le 12 juin, 53,4% des
votants irlandais ont rejeté le traité de Lisbonne signé en décembre
dernier par les dirigeants des pays membres de l'UE. Jusqu'ici,
dix-neuf pays membres de l'UE ont déjà ratifié le Traité.
Le sommet de l'UE, ouvert jeudi soir à Bruxelles,
s'est concentré notamment sur le non irlandais exprimé la semaine
dernière contre le traité, qui a plongé l'UE dans une impasse
politique du fait que l'entrée en vigueur du traité exige la
ratification de l'ensemble des 27 pays membres.
Lors du sommet, le Premier ministre irlandais Brian
Cowen a expliqué les raisons sur le le rejet du traité par son pays. Il a
estimé qu'il était "beaucoup trop tôt" pour lui pour présenter
immédiatement une solution à l'impasse institutionnelle créée par le
non de son pays.
Le président de la Commission européenne, Jose
Manuel Barroso, a assuré que l'Irlande se donnerait du temps pour décider
de la façon de réagir et de présenter des propositions sur les
prochaines étapes.
"Nous avons convenu que le prochain sommet de l'UE
en octobre sera une occasion appropriée pour les futures discusions sur la
question", a dit M. Barroso avant d'appeler les pays membres de l'UE
qui n'ont pas encore ratifié le traité de Lisbonne de poursuivre leur
ratification.
Après le vote mercredi de la Grande-Bretagne pour le
traité de Lisbonne, il reste encore sept pays qui n'ont pas encore
ratifier le traité. La chancelière allemande Angela Merkel a également
appelé ces pays à ratifier au plus vite le traité, soulignant que
l'UE avait besoin de ce traité pour réformer ses institutions.
Les dirigeants de l'UE avaient espéré que le traité
de Lisbonne entrerait en vigueur le 1er janvier 2009, mais le rejet
irlandais risque de retarder ce calendrier. Bien que les dirigeants
européens aient convenu de donner un peu plus de temps de la
réflexion à l'Irlande, mais beaucoup ont insisté pour qu'elle soit de
courte durée afin d'éviter une mort lente du traité.
Par ailleurs, les dirigeants de l'UE ont donné leur
feu vert à l'entrée de la Slovaquie dans la zone euro le 1er janvier 2009.
Il s'agira du premier pays de l'ancien bloc soviétique à adopter la
monnaie europénne.
Les dirigeants ont aussi fait la preuve que l'UE est
utile et capable de répondre aux préoccupations quotidiennes des citoyens,
en cherchant à compenser la flambée des prix du pétrole et des
produits alimentaires.
Depuis plusieurs semaines, de nombreux pêcheurs,
routiers et agriculteurs européens se sont descendus dans la rue pour
demander à l'UE et aux gouvernements des pays membres de prendre des
mesures d'urgence.
Les dirigeants européens ont examiné les
conséquences de la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires
sur les domaines économique, commercial, agricole, énergétique et
environnemental et décidé de prendre des mesures à court et long
termes.
"Nous avons discuté de choses importantes qui
concernent les préoccupations premières de nos citoyens. Il s'agit des
prix de l'énergie et du coût de la vie. Nous pensons que nous pouvons
faire quelque chose ensemble," a indiqué M. Barroso, président de la
Commission européenne.
Les dirigeants européens ont décidé d'autoriser les
pays membres de prendre des mesures selon la situation de leur propre
pays pour faire face à la flambée des prix des carburants et des
aliments, tout en respectant la stratégie à long terme de l'Union, a
dit le président de la CE.
Les dirigeants ont par ailleurs
décidé d'augmenter l'aide aux pauvres pour les aider à mieux affronter les conséquences
de la montée des prix des produits alimentaires, a-t-il ajouté.