BRUXELLES, 19 juin (Xinhua) -- Presque tous les
dirigeants européens, réunis en sommet depuis jeudi à Bruxelles, sont
disposés à accorder le temps de la réflexion à l'Irlande, après
la victoire nette des opposants au Traité de Lisbonne.
Mais beaucoup insistent pour qu'elle soit de courte
durée, afin d'éviter une mort lente du texte.
Le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, a estimé
qu'il était "beaucoup trop tôt" pour lui pour présenter immédiatement
une solution à l'impasse institutionnelle créée par le rejet du
traité dans son pays.
"Il n'y a pas de date butoir ni pour l'Irlande, ni
pour quiconque", a souligné jeudi tard dans la nuit le Premier
ministre de la Slovénie, président en exercice de l'Union européenne Janez
Jansa.
De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel
a appelé les Etats membres qui ne l'ont pas encore fait à adopter au plus
vite le traité de Lisbonne. Elle a déclaré que l'Union avait besoin
de ce traité pour réformer ses institutions.
Par ailleurs, les chefs d'Etat et de gouvernement
européens ont donné leur feu vert à l'entrée de la Slovaquie dans la zone
euro le 1er janvier 2009. Il s'agira du premier pays de l'ancien bloc
soviétique à adopter la monnaie europénne.
Les dirigeants européens veulent aussi faire la
preuve que l'Europe est utile et capable de répondre aux préoccupations
quotidiennes des citoyens, en cherchant à compenser la flambée
des prix du pétrole. Ceci figurera au menu de leurs discussions de
vendredi, deuxième et dernier jour du sommet.
Depuis plusieurs semaines, les pêcheurs, routiers et
agriculteurs réclament des mesures d'urgence. Il doit en être
question au sommet, même si les Etats membres divergent sur la
méthode.
"Nous avons discuté de choses importantes qui
concernent les préoccupations premières de nos citoyens. Il s'agit des
prix de l'énergie et du coût de la vie. Nous pensons que nous pouvons
faire quelque chose ensemble," a indiqué José Manuel Barroso,
président de la Commission européenne.
Un projet de conclusion du sommet suggère d'éviter
toute mesure interventionniste en matière de fiscalité, d'accroître la
transparence sur les marchés pétroliers, y compris sur les stocks, et
de relancer le dialogue avec les pays producteurs, aux niveaux européen et
international.
Des mesures ciblées sont proposées par
la Commission pour les catégories sociales les plus défavorisées, comme
l'octroi de " primes à la cuve" pour le chauffage ou la distribution
de denrées alimentaires aux plus nécessiteux.