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Les dirigeants de l'UE s'affrontent sur les réponses à la flambée  des prix du pétrole
  2008-06-20 10:35:04  

     BRUXELLES, 19 juin (Xinhua) -- Les dirigeants de l'Union  européenne (UE) se sont affrontés sur les moyens de mettre fin à  la flambée des prix du pétrole, au premier jour du sommet qui a  débuté jeudi. 

     La France et l'Autriche plaident pour une diminution de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur le pétrole afin de contrer la  montée en flèche des prix du combustible, tandis que l'Allemagne  et la Suède ont fait part clairement de leur opposition à toute  mesure fiscale, indiquant que cela dénaturerait la demande du  marché et retarderait son ajustement à long terme. 

     Avant le sommet de deux jours à Bruxelles, le président  français Nicolas Sarkozy a renouvelé son appel à ses homologues  de l'UE pour soutenir la baisse de la taxe sur l'essence dans le  but de soulager les difficultés extrêmes auxquelles font face  surtout les pêcheurs européens, les conducteurs de camion et les  fermiers. 

     Les cours mondiaux du pétrole doivent franchir le seuil de 140  U.S. dollars par baril cette semaine, soit un record inimaginable, tandis que des manifestations se sont déroulées à travers toute  l'Europe ces dernières semaines. 

     A l'aube du sommet de l'UE, des centaines de fermiers, de  conducteurs de camion et de taxi ont bloqué une partie des routes  à l'intérieur et autour de Bruxelles afin de protester contre  l'augmentation des coûts du combustible, clamant que leur gagne- pain était menacé et appelant les gouvernements européens à  intervenir avec des subventions. 

     Aligné sur la position de M. Sarkozy, le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer a aussi indiqué que l'UE devait réfléchir à la  diminution de la TVA sur l'essence. 

     Par ailleurs, il a encore proposé d'introduire un impôt sur la  spéculation afin de contenir la flambée des prix des produits  quotidiens . 

     La chancelière allemande Angela Merkel a dirigé l'opposition  aux mesures financières visant à contrer les prix records du  pétrole. 

     "Les mesures, surtout de nature financières, qui ont été  régulièrement évoquées et qui, à la fin du jour, feront obstacle  aux changements nécessaires à adopter pour s'adapter à un marché  en évolution, doivent être évitées", a-t-elle fait savoir devant  la Chambre basse allemande de Berlin, justement certains jours  avant le sommet. 

     Le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt partage l'opinion de Mme. Merkel. 

     "La réponse ne peut pas être de 'poursuivre des subventions' ou d'introduire de nouvelles subventions qui ne sont pas basées sur  les mécanismes du marché parce qu'elle transmettent un message:  que nous pouvons continuer à consommer ou même à accroître  l'utilisation des combustibles fossiles", a-t-il expliqué en marge d'une réunion avant le sommet à Bruxelles. 

     "Je sais que nos opinions sont différentes dans ce secteur, il  est bon que nous puissions en discuter", a-t-il ajouté. 

     Parallèlement, M. Reinfeldt a suggéré que son pays pourrait  réduire l'impôt sur le revenu et encourager la population à  travailler plus d'heures afin d'accroître son salaire et ainsi  faire face au prix croissant du pétrole.