BRUXELLES, 19 juin (Xinhua) -- Les dirigeants de
l'Union européenne (UE) se sont affrontés sur les moyens de mettre fin à
la flambée des prix du pétrole, au premier jour du sommet qui a
débuté jeudi.
La France et l'Autriche plaident pour une diminution
de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur le pétrole afin de contrer la
montée en flèche des prix du combustible, tandis que l'Allemagne et
la Suède ont fait part clairement de leur opposition à toute mesure
fiscale, indiquant que cela dénaturerait la demande du marché et
retarderait son ajustement à long terme.
Avant le sommet de deux jours à Bruxelles, le
président français Nicolas Sarkozy a renouvelé son appel à ses homologues
de l'UE pour soutenir la baisse de la taxe sur l'essence dans le but
de soulager les difficultés extrêmes auxquelles font face surtout les
pêcheurs européens, les conducteurs de camion et les fermiers.
Les cours mondiaux du pétrole doivent franchir le
seuil de 140 U.S. dollars par baril cette semaine, soit un record
inimaginable, tandis que des manifestations se sont déroulées à travers
toute l'Europe ces dernières semaines.
A l'aube du sommet de l'UE, des centaines de
fermiers, de conducteurs de camion et de taxi ont bloqué une partie des
routes à l'intérieur et autour de Bruxelles afin de protester contre
l'augmentation des coûts du combustible, clamant que leur gagne- pain
était menacé et appelant les gouvernements européens à intervenir avec des
subventions.
Aligné sur la position de M. Sarkozy, le chancelier
autrichien Alfred Gusenbauer a aussi indiqué que l'UE devait réfléchir à la
diminution de la TVA sur l'essence.
Par ailleurs, il a encore proposé d'introduire un
impôt sur la spéculation afin de contenir la flambée des prix des produits
quotidiens .
La chancelière allemande Angela Merkel a dirigé
l'opposition aux mesures financières visant à contrer les prix records du
pétrole.
"Les mesures, surtout de nature financières, qui ont
été régulièrement évoquées et qui, à la fin du jour, feront obstacle
aux changements nécessaires à adopter pour s'adapter à un marché en
évolution, doivent être évitées", a-t-elle fait savoir devant la Chambre
basse allemande de Berlin, justement certains jours avant le sommet.
Le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt
partage l'opinion de Mme. Merkel.
"La réponse ne peut pas être de 'poursuivre des
subventions' ou d'introduire de nouvelles subventions qui ne sont pas
basées sur les mécanismes du marché parce qu'elle transmettent un message:
que nous pouvons continuer à consommer ou même à accroître
l'utilisation des combustibles fossiles", a-t-il expliqué en
marge d'une réunion avant le sommet à Bruxelles.
"Je sais que nos opinions sont différentes dans ce
secteur, il est bon que nous puissions en discuter", a-t-il ajouté.
Parallèlement, M. Reinfeldt a suggéré que
son pays pourrait réduire l'impôt sur le revenu et encourager la
population à travailler plus d'heures afin d'accroître son salaire et
ainsi faire face au prix croissant du pétrole.