BRUXELLES, 19 juin (Xinhua) -- Le Conseil européen,
qui démarre jeudi après-midi à Bruxelles, devrait indiquer une ligne à
suivre à la suite du non irlandais au traité de Lisbonne.
Même si le cas irlandais ne sera pas l'unique objet
des débats du Conseil européen, les chefs d'Etat et de gouvernement
doivent trouver rapidement une issue à la crise pour ne pas se retrouver
dans la même situation qu'en 2005, après les non français et
hollandais.
Les dirigeants européens devraient réaffirmer la
nécessité d'agir après le "non" irlandais du 12 juin au traité de Lisbonne
et la volonté de prendre des mesures sur des sujets au coeur des
préoccupations des citoyens, comme la hausse des prix du pétrole et
des denrées alimentaires.
Le président de la Commission européenne, José
Manuel Barroso, s'adressant au Parlement européen mercredi à Strasbourg, a
précisé que "le non de l'Irlande au traité ne doit pas signifier que
l'Europe doit passer à la trappe".
Dix-neuf Etats ont déjà ratifié le traité de
Lisbonne. Au Royaume-Uni, le vote à la Chambre des Lords a finalement eu
lieu mercredi soir. La République tchèque est le dernier Etat membre à
susciter l'inquiétude des Européens. Les dirigeants devraient prôner
la poursuite des ratifications.
Jeudi soir, deux bonnes heures seront dédiées à des
échanges sur la situation économique générale et en particulier sur les
implications politiques de la flambée des prix du pétrole et des
denrées alimentaires. Le débat se fondera sur les deux
communications de la Commission en la matière.
Les chefs d'Etat et de gouvernement voudront donner
un signal clair sur ces sujets et adopteront un certain nombre de mesures
à court, moyen et long terme, pour montrer qu'ils agissent sur des
thèmes de la vie de tous les jours. Le "non" irlandais a en effet
rappelé aux esprits la distance existant entre les élites
européennes et les préoccupations des citoyens.
Ensuite, le président en exercice du Conseil
européen, le Premier ministre slovène Janez Jansa commencera par établir
un bilan du processus de ratification. Il invitera ensuite son
homologue irlandais, Brian Cowen, à présenter une analyse du
référendum et des raisons pour lesquelles le texte a été rejeté.
Ensemble, ils examineront les moyens permettant à l'Europe d'aller de
l'avant.
Toutefois, on ne verra pas, à ce stade, un
calendrier clair avec des propositions de sortie de crise, afin de ne pas
donner l'impression aux électeurs irlandais que leur vote ne compte pas.
Le prochain Conseil européen d'octobre, sous présidence
française, pourrait en revanche être l'occasion pour les dirigeants
irlandais de proposer une feuille de route plus précise sur la marche à
suivre.
Le lendemain, vendredi 20 juin, une nouvelle
session de travail sera consacrée à la mise au point des conclusions.
Les dirigeants européens examineront le volet "Justice et
affaires intérieures" avant de passer en revue les questions économiques,
sociales et environnementales. Ils devraient ensuite réaffirmer leur
soutien à la perspective européenne de la région des Balkans.