( par LIU
Xiurong )
BRUXELLES, 19 juin (Xinhua) -- Les dirigeants de
l'Union européenne (UE), qui se réunissent jeudi pour un sommet de deux
jours, doivent réfléchir sur les réponses à la flambée des prix
pétroliers et alimentaires, qui a récemment suscité d'une série
de protestations d'envergure en Europe.
Bien que le sommet soit dominé par la crise
politique résultant du rejet irlandais du traité de Lisbonne, il n'est pas
surprenant que la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires
est également en tête de l'ordre du jour en raison de ses
conséquences économiques et sociales au sein de l'UE.
HAUSSE DES PRIX ET SON INFLUENCE
Les prix du pétrole sur le marché mondial
approchaient 140 dollars le baril cette semaine, un niveau record
autrefois inimaginable, tandis que les prix des produits alimentaires ont
connu aussi une augmentation rapide. Ces prix élevés ont poussé une
hausse de l'inflation dans les 27 pays membres de l'UE, influencé
défavorablement le pouvoir d'achat des ménages et donné un coup dur aux
pauvres vulnérables.
Le taux d'inflation annuel dans l'UE a bondi à 3,9%
en mai, presque un doublement du taux enregistré il y a un an. Dans la
zone euro, un club des 15 pays utilisant la même monnaie,
l'inflation a augmenté à 3,7%, le niveau le plus élevé depuis
l'introduction de l'euro en 1999, avec une augmentation des prix de
l'énergie de 13,7%et des prix des produits alimentaires de 6,4% sur un an.
La haute inflation a freiné la consommation privée,
un appoint important pour la croissance économique de l'UE. La confiance
des consommateurs dans l'UE a baissé au-dessous de sa moyenne de long
terme, sonnant l'alarme pour les perspectives économiques.
Comme l'économie européenne se ralentirait nettement
cette année en raison de la persistance de troubles financiers et de
l'environnement défavorable mondial, la haute inflation a limité la
marge des décideurs des politiques européennes pour stimuler la croissance,
empêchant ainsi les banques centrales de baisser les taux d'intérêt.
Par rapport à l'impact global, certaines industries
s'appuyer fortement sur l'énergie ou l'alimentation, comme la pêche et le
transport, ont souffert encore plus, ce qui a provoqué plus de
préoccupations sur la stabilité sociale.
A la veille du sommet de l'UE, des centaines
d'agriculteurs et de chauffeurs de camions et de taxis belges ont bloqué
une partie des routes à l'intérieur et autour de Bruxelles pour protester
contre la hausse des prix du carburant et d'autres produits de
première nécessité, arguant que leurs moyens de subsistance ont été
menacés et exigeant que l'UE et le gouvernement belge leur accordent des
subventions.
Il y a juste deux semaines, une protestation tenue
par des pêcheurs français, espagnols et portugais près du siège de l'UE à
Bruxelles, s'est transformée en une violence. D'autres protestations
similaires ont également eu lieu dans plusieurs pays membres de l'UE,
incitant les gouvernements à envisager des mesures d'urgence.
RECHERCHE DE REPONSES DE L'UE
Au cours du mois écoulé, la Commission européenne
(CE) a présenté deux documents en ce qui concerne des réponses à la
hausse du pétrole et des produits alimentaires, qui seront examinées
par les dirigeants de l'UE lors de leur sommet.
La CE a déclaré que l'UE devrait faire des
préparatifs pour faire face à l'augmentation des prix du pétrole et des
aliments pendant une période relativement longue, en insistant sur la
prise active de mesures à moyen et à long terme plutôt que sur
l'attente passive de l'aide.
Selon un projet de communiqué préparé pour le
sommet, les dirigeants de l'UE devraient "exprimer leur préoccupation en
ce qui concerne la montée continue des prix du pétrole et ses
conséquences sur la situation sociale et économique".
Ils déclareraient que "les mesures qui peuvent être
considérés comme étant susceptibles d'atténuer l'impact de la hausse des
prix du pétrole sur les plus pauvres de la population doivent rester à
court terme et ciblées".
De même, des mesures à court terme visant à atténuer
l'impact de la récente évolution des prix des produits alimentaires sur
les ménages à faible revenu devraient également être "à court terme
et ciblées pour assurer que des signaux des prix ne soient pas
distordus et pour éviter les effets du second tour largement étendus
sur les salaires et les prix, d'après le projet de communiqué.
"Distorsions fiscales et d'autres interventions
devraient être évitées car elles empêchent l'ajustement nécessaire par des
facteurs économiques", selon le projet qui sera vivement débattu par
les dirigeants de l''UE.
La France, qui assurera la présidence tournante de
six mois de l'UE à partir du 1er juillet a pressé l'UE de suspendre ses
taxes à valeur ajoutée (TVA) sur le carburant afin de contrer la hausse
des prix du pétrole.
Toutefois, la proposition a peu de chances de
bénéficier du soutien au sommet dans la mesure où de nombreux responsables
de l'UE avertissent que des mesures fiscales à court terme
pourraient fausser la demande du marché.
L'UE a également été réticente à autoriser les aides
d'État pour la pêche, une attitude qui a conduit à une récente série de
protesations.
Face à la pression croissante des gouvernements de
certains pays membres de l'UE, le commissaire de la CE chargé de la
Pêche, Joe Borg, a proposé mercredi de lever le plafond sur les aides
d'État pour le secteur et de permettre aux États membres de fournir
une aide d'urgence aux pêcheurs qui n'ont pas pris le large pour un
maximum de trois mois, à condition qu'elle fasse partie d'un plan de
restructuration de l'industrie.
La CE a depuis longtemps estimé que les difficultés
actuelles dans le secteur de la pêche ont résulté de la surcapacité de la
flotte, et des équipements et patiques démodés qui sont
inéficaces dans l'économie de l'énergie. Elle a appelé à restructurer le
secteur comme une solution à long terme. Fin