NEW YORK (Nations Unies), 18 juin (Xinhua) -- La
mission du Conseil de sécurité de l'ONU qui vient visiter l'Afrique, du 31
mai au 10 juin, a témoigné de la détérioration de la situation
humanitaire et sécuritaire au Darfour, indique un communiqué de
l'ONU publié mercredi.
Les représentants permanents de l'Afrique du Sud,
du Royaume- Uni, de la France et du Burkina Faso ont rendu compte au
Conseil de sécurité mercredi de leur mission en Afrique.
Au cours de ce périple de 10 jours, ils se sont
rendus à Djibouti où se déroulait le dernier cycle de négociations entre
le gouvernement de transition et l'Alliance pour la Re-libération de
la Somalie, sans aller en Somalie pour raisons de sécurité, afin d'
examiner la crise dans ce pays. Ils ont ensuite visité le Soudan, le
Tchad, la République démocratique du Congo (RDC) et la Côte
d'Ivoire.
La mission a exhorté le Conseil de sécurité à
réfléchir à la manière de renforcer son appui au Représentant spécial du
secrétaire général, à prêter main forte à la mise en oeuvre des
accords actuels et futurs, dont celui signé le 9 juin, et à
accroître la présence de l'ONU dans le pays.
L'accord du 9 juin est important car, pour
la première fois, une masse critique de groupes et de partis somaliens
a montré qu' ils voulaient un règlement, a souligné la mission.
Au Soudan, la mission a estimé que le processus
politique doit être relancé car la situation humanitaire et sécuritaire
continue de se détériorer, disant que la situation au Darfour reste l'une
des plus difficiles dont le Conseil est saisi et elle aura une
incidence sur la vie des populations dans l'ensemble du Soudan.
Le représentant du Royaume-Uni, John Sawers, a
affirmé que le Conseil de sécurité doit prendre les mesures qui s'imposent
car les progrès attendus ne sont pas là.
De son côté, le représentant de l'Afrique du Sud,
Dumisani Kumalo s'est dit troublé par le manque de ressources de l'
Opération hybride Union africaine-ONU (MINUAD) et les conditions
dans lesquelles elle travaille sur le terrain, souhaitant que le
Conseil de sécurité accorde davantage d'attention à cette question.
Au Tchad, la mission a encouragé le gouvernement à
poursuivre dans la voie du dialogue politique mais aussi à affermir l'Etat
de droit et à mieux défendre les droits de l'homme.
Le représentant de la France, Jean-Maurice Ripert, a
estimé que le Conseil doit poursuivre ses efforts d'autant plus que le
Tchad, depuis quelques jours, est à nouveau la victime d'attaques et de
groupes armés illégaux qui déstabilisent l'est du pays et
compromettent la poursuite des opérations humanitaires.
L'objectif d'ensemble de la mission en
République démocratique du Congo (RDC) était de marquer l'engagement du Conseil à
contribuer à la consolidation de la paix et de la stabilité dans le
pays, en particulier à travers la MONUC.
La situation dans l'est du pays aura constitué le
principal sujet de l'ensemble des entretiens, a indiqué M. Ripert qui a
mis, en particulier, l'accent sur la poursuite des violences sexuelles
contre les femmes et de l'impunité.
Le représentant de la France a indiqué que la
mission avait noté avec satisfaction la grande convergence de l'approche
des acteurs politiques congolais avec celle du Conseil de sécurité et
leur engagement en faveur des processus de Goma et de Nairobi.
La mission s'est également félicitée des réformes
prévues ou en cours, qu'il s'agisse du statut de l'opposition, du
financement politique, de la réforme en profondeur de la justice, de celle
du secteur de la sécurité ou de la décentralisation, a-t-il affirmé,
ajoutant que les autorités locales avaient indiqué que les élections
locales auraient lieu en 2009.
En Côte d'Ivoire, le président Laurent Gbagbo
a réaffirmé son engagement pour la tenue des élections présidentielles au
30 novembre 2008, en dépit des difficultés dues au manque de
moyens financiers.
Il a aussi réaffirmé son acceptation des cinq
critères de validation proposés par le Représentant spécial du Secrétaire
général, à savoir l'instauration de la paix, l'inclusion de l'
ensemble des acteurs, l'accès aux médias d'Etat, le respect de
toutes les étapes devant conduire à la promulgation de la liste
électorale et l'acceptation des résultats du scrutin.
De façon générale, a déclaré
le représentant du Burkina Faso, Michel Kafando, la mission du Conseil
s'est réjouie du climat de détente sur le plan politique marqué par
l'appropriation par les parties ivoiriennes de l'Accord politique de Ouagadougou et
par une accélération des préparatifs de la consultation électorale.