NAIROBI, 17 juin (Xinhua) -- Les femmes africaines
demandent l' accès, le contrôle et la propriété des ressources productives
terrestres et naturelles pour promouvoir la sécurité alimentaire
durable et mettre fin à l'actuelle crise qui sévit en Afrique.
Les représentantes d'Afrique de l'ouest, de l'est,
australe et centrale, qui se sont réunies mardi avant la grande réunion de
l' Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'
agriculture (FAO) à Nairobi, ont appelé les gouvernements africains
à réformer leurs politiques agricoles et agraires pour permettre aux
femmes de prendre le contrôle des ressources productives et enrayer
efficacement la crise alimentaire mondiale.
Selon les femmes présentes, la crise alimentaire
réside notamment dans le manque d'application de la Déclaration de la
conférence internationale sur la réforme agraire et le développement
rural (ICARRD) signée en mars 2006.
« Les réformes agricoles et agraires doivent être
guidées par les intérêts des petits exploitants et non par les profits,
qui vont généralement à ceux qui ont des muscles économiques et
politiques et souvent aux dépens de la majorité des pauvres
petits exploitants, pour la plupart des femmes, » a déclaré Sylvia Irene
Cobbina de la Fondation communautaire des terres et du développement
du Ghana.
Ces femmes demandent que les gouvernements africains
éliminent toutes les lois culturelles, religieuses et traditionnelles
discriminatoires et les héritages qui empêchent les Africaines d'
obtenir la citoyenneté sur un même pied d'égalité que les
Africains.
Les femmes produisent près de 80 % de la nourriture
dans les pays en voie de développement et représentent cependant plus de
la moitié de la population souffrant de la faim.
Selon ces femmes, les modèles discriminatoires
d'héritage, les violences contre les femmes, l'appropriation et la
privatisation des terres communales et indigènes et des autres ressources
naturelles, empêchent les femmes d'avoir accès et de contrôler
les terres et les autres ressources.
La 25ème Conférence régionale africaine de la
FAO débute jeudi pour discuter de la sécurité alimentaire, le continent
devant faire face à une crise alimentaire provoquée par une
flambée mondiale des prix de l'énergie et des marchandises.