NAIROBI, 17 juin (Xinhua) -- L'Organisation des
Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a appelé les pays
africains à accélérer le processus d'intégration régionale afin
d'enrayer le déclin de leurs revenus dégagés des échanges des
produits agricoles et d'éviter une aggravation de la crise
alimentaire sévissant actuellement sur le continent.
Le déclin des revenus tirés des échanges des
produits agricoles est en effet une conséquence de la fragmentation des
marchés africains aux niveaux des sous-régions et des pays, ont indiqué
les experts de la FAO qui sont actuellement à Nairobi pour
participer à la 25e Conférence régionale pour l'Afrique (ARC).
"Les écarts entre la production et la demande
régionale et nationale sont de plus en plus comblés par les produits
importés en dehors de l'Afrique, même en cas d'existence d'exédents
échangeables sur le continent", a souligné la FAO dans son
rapport publié lors de la conférence.
Les dépenses africaines dans les importations
céréalières connaîtront cette année une hausse de plus de 50%, alors que
des pays africains, tels que la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le
Nigeria, faisant partie des plus grands importateurs de riz au
monde, seront les plus touchés par la flambée des prix alimentaires,
car leurs principaux exportateurs, les pays de l'Asie du Sud-Est sont
confrontés actuellement au même problème, a prévu la FAO.
Cette situation s'envenimera par la volatilité des
prix énergétiques, qui entraîne l'augmentation des coûts de
transports, ont mis en garde les experts, ajoutant que le plus pauvre
continent du monde est en proie à une crise alimentaire provoquée
par l'envolée des prix énergétiques et des denrées.
Dans le but de renforcer la compétitivité du marché
africain, la FAO a proposé de créer une zone de libre-échange en Afrique,
qui facilite la libre circulation des produits stratégiques à
travers les frontières nationales et maintienne une large marge
de profit.
Selon la FAO, pour faciliter la sélection des
produits qualifiés pour être échangés au sein de la zone, le continent
africain doit tout d'abord mettre en place un panier d'aliments dans
lequel tous les produits sont pondérés en fonction de leur consommation et
contribution aux revenus tirés des échanges extérieurs des pays
producteurs.
La proposition de la FAO intervient alors que trois
blocs commerciaux régionaux ont avancé une motion destinée à établir le
plus grand marché commun du continent.
Consolider la sécurité agricole et alimentaire
est en tête de l'ordre du jour de la conférence de cinq jours qui a
commencé lundi à Nairobi.