LUXEMBOURG, 16 juin (Xinhua) -- Les ministres des
Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) se réunissent lundi et
mardi à Luxembourg pour examiner les conséquences du rejet irlandais du
Traité de Lisbonne.
Le vote "non" irlandais va également dominer le
sommet de l'UE prévu jeudi et vendredi à Bruxelles.
Lors d'un référendum de jeudi, 53,4% des Irlandais
ont rejeté le Traité de Lisbonne de l'UE dans l'impasse. Jusqu'ici,
dix-huit pays membres de l'UE ont déjà approuvé le Traité.
Le Traité de Lisbonne a été signé par les chefs
d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'UE en décembre dernier à
Lisbonne pour remplacer une Constitution de l'UE échouée. L'entrée en
vigueur du Traité exige la ratification de l'ensemble des 27 Etats membres
de l'UE. L'Irlande est le seul pays de l'UE à tenir un référendum sur le
Traité.
Le "non" irlandais a constitué un autre coup sérieux
à l'UE après le rejet de la Constitution européenne par la France et les
Pays-Bas lors de référendums en 2005. Le traité de Lisbonne a été
conçu pour sauver la plus grande partie de la Constitution.
L'UE a refusé de déclarer la mort du Traité de
Lisbonne et a espéré que le processus de ratification continuera dans le
bloc.
Au sommet de l'UE, le Premier ministre irlandais
Brian Cowen sera invité à offrir son avis sur les chances de la tenue d'un
nouveau référendum. M. Cowen a déclaré dimanche qu'il n'y avait pas
encore de solution à cette question.
"Il est beaucoup trop tôt pour présenter des
solutions ou des propositions", a dit le ministre irlandais des Affaires
étrangères Michael Martin à son arrivée lundi à Luxembourg pour participer
à la réunion des ministres des A.E. de l'UE.
Le ministre slovène des Affaires étrangères Dimitrij
Rupel, qui préside la réunion de deux jours des ministres des Affaires
étrangères de l'UE a dit qu'il appartenait à Dublin de présenter une
idée. "Je n'ai pas de solutions", a-t-il affirmé.
Le rejet irlandais retarderait presque certainement
l'entrée en vigueur du traité, prévue par les dirigeants de l'UE le 1er
janvier 2009, avant les nouvelles élections du Parlement
européen.
Il semble que les dirigeants de l'UE souhaitent que
tous les autres Etats membres de l'UE continuent de ratificier le traité
pour que le processus se termine avant la fin de 2008. Puis
l'Irlande ferait des concessions pour qu'un second référendum puisse
se tenir comme ce qui s'est passé en 2001 avec le traité de Nice.
L'Irlande a rejeté le Traité de Nice en 2001 lors
d'un référendum. Un deuxième vote a été un succès après que le traité
eut été modifié de sorte que la neutralité militaire de l'Irlande
soit garantie.
Des préoccupations existent encore qu'un second
référendum pourrait se terminer par un nouveau échec, qui pourrait porter
une humiliation aussi bien à l'Irlande et qu'à l'UE.
Lors de la session des ministres des A. E. de l'UE,
les futures présidences française, tchèque et suédoise doivent également
présenter leur projet de programme de 18 mois couvrant la période du
deuxième semestre 2008 et à l'année 2009. Ce document porte sur les
objectifs de l'UE à long terme ainsi que sur des questions devant être
traitées au cours des 18 prochains mois.
Selon le plan prévu, les ministres doivent aussi
examiner une série de questions internationales dont les Balkans
occidentaux, le Moyen-Orient, l'Afrique, ainsi que l'Iran, le Myanmar, la
Chine et Cuba.
En marge de la session, l'UE doit signer
l'accord de stabilisation et d'association avec la Bosnie-Herzégovine,
et tenir des conférence d'adhésion avec la la Turquie et la Croatie.