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Crise alimentaire : la réponse de l'Afrique du Centre et de l'Ouest(PAPIER GENERAL)
  2008-06-16 09:22:55  

  (Par Raphaël MVOGO)

     YAOUNDE, 15 juin, (Xinhua) -- Face à la flambée des prix des denrées alimentaires, les pays du Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricole (CORAF) ont adopté cette semaine à Yaoundé une stratégie pour redéfinir les systèmes de production, en situant les producteurs comme des acteurs importants des activités de recherche.  

     Cette stratégie consiste à redéfinir les systèmes de production, en vue d'accroître l'offre agricole, en particulier en ce qui concerne les céréales, dont le riz et le blé. Elle prévoit la création des banques destinées au monde rural, la subvention des intrants, la promotion de la mécanisation. 

     D'après Jean Nkuété, vice-Premier ministre et ministre de l'Agriculture et du Développement du Cameroun, la mise en oeuvre de cette stratégie nécessite des financements estimés à 170  milliards de francs (environ 400 millions de dollars). 

     Le CORAF, qui a tenu sa 8ème assemblée générale dans la capitale cameounaise du 10 au 12 juin, regroupe 21 pays de  l'Afrique de l'Ouest et centrale. Les statistiques indiquent que 70% de la population de ces deux régions est rurale, 60% se consacre essentiellement à l'agriculture, qui contribue pour environ 31% du PIB de l'ensemble de ces pays.  

     L'assemblée, ayant pour thème "Producteurs et utilisateurs  finaux au centre de la recherche et du développement agricole", a  réuni non seulement des officiels, mais également des chercheurs et des représentants de la société civile intervenant notamment dans la filière agricole. 

     Les participants ont également décidé de mettre en place un comité d'experts pour réfléchir à l'impact des biocarburants sur  la sécurité alimentaire.  

     "Il s'agit d'orienter l'action vers les espaces qui ne sont pas pour le moment utilisés pour la production des produits vivriers,  afin d'éviter qu'il y ait une compétition entre les biocarburants  et la production céréalière", a expliqué Jean Rostand Jiadiais Kamga, directeur administratif et financier du CORAF. 

     En mai 2007 déjà, le CORAF avait adopté à Abidjan un plan d'action concernant : l'élevage et la confiture; les produits vivriers; les produits de rente (café et cacao); la biotechnologie et la biosécurité; la gestion des ressources naturelles; les politiques, le marché et le commerce; le renforcement des capacités et la gestion des connaissances. 

     Il s'agit de programmes, dont le coût global est évalué à 112 millions de dollars. A en croire Jiadiais Kamga, une somme de 83 millions de dollars est déjà mobilisée. 

     "En regardant notre production, les différentes zones agro- écologiques et la situation sur nos marchés, on ne peut pas dire,  fait-il savoir, que nous avons véritablement une crise alimentaire dans notre sous-région", a-t-il estimé.  

     "Dire qu'il y a une crise alimentaire, poursuit-il, c'est à dire  que notre production est inférieure à nos besoins. En fait, nous avons une production, mais elle est très mal orientée. Et l'action que les chefs d'Etat sont en train de mener actuellement, c'est de veiller à ce que la production puisse être mieux répartie, afin de mieux satisfaire les besoins des populations", a relevé Jiadiais Kamga.  

     Le CORAF, dont le siège est à Dakar, regroupe les systèmes nationaux de recherche agricole de de 21 pays africains: Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap-Vert, Centrafrique, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, République démocratique du Congo (RDC), Sénégal, Sierra Leone, Tchad et Togo.