(Par Raphaël MVOGO)
YAOUNDE, 15 juin, (Xinhua)
-- Face à la flambée des prix des denrées alimentaires, les pays du Conseil
ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricole
(CORAF) ont adopté cette semaine à Yaoundé une stratégie pour redéfinir les
systèmes de production, en situant les producteurs comme des acteurs importants
des activités de recherche.
Cette stratégie consiste à redéfinir les systèmes de
production, en vue d'accroître l'offre agricole, en particulier en ce qui
concerne les céréales, dont le riz et le blé. Elle prévoit la création des
banques destinées au monde rural, la subvention des intrants, la promotion de la
mécanisation.
D'après Jean Nkuété, vice-Premier ministre et
ministre de l'Agriculture et du Développement du Cameroun, la mise en oeuvre de
cette stratégie nécessite des financements estimés à 170 milliards de
francs (environ 400 millions de dollars).
Le CORAF, qui a tenu sa 8ème assemblée générale dans
la capitale cameounaise du 10 au 12 juin, regroupe 21 pays de l'Afrique de
l'Ouest et centrale. Les statistiques indiquent que 70% de la population de ces
deux régions est rurale, 60% se consacre essentiellement à l'agriculture, qui
contribue pour environ 31% du PIB de l'ensemble de ces pays.
L'assemblée, ayant pour thème "Producteurs et
utilisateurs finaux au centre de la recherche et du développement
agricole", a réuni non seulement des officiels, mais également des
chercheurs et des représentants de la société civile intervenant notamment dans
la filière agricole.
Les participants ont également décidé de mettre en
place un comité d'experts pour réfléchir à l'impact des biocarburants sur
la sécurité alimentaire.
"Il s'agit d'orienter l'action vers les espaces qui
ne sont pas pour le moment utilisés pour la production des produits
vivriers, afin d'éviter qu'il y ait une compétition entre les
biocarburants et la production céréalière", a expliqué Jean Rostand
Jiadiais Kamga, directeur administratif et financier du CORAF.
En mai 2007 déjà, le CORAF avait adopté à Abidjan un
plan d'action concernant : l'élevage et la confiture; les produits vivriers; les
produits de rente (café et cacao); la biotechnologie et la biosécurité; la
gestion des ressources naturelles; les politiques, le marché et le commerce; le
renforcement des capacités et la gestion des connaissances.
Il s'agit de programmes, dont le coût global est
évalué à 112 millions de dollars. A en croire Jiadiais Kamga, une somme de 83
millions de dollars est déjà mobilisée.
"En regardant notre production, les différentes
zones agro- écologiques et la situation sur nos marchés, on ne peut pas
dire, fait-il savoir, que nous avons véritablement une crise
alimentaire dans notre sous-région", a-t-il estimé.
"Dire qu'il y a une crise alimentaire, poursuit-il,
c'est à dire que notre production est inférieure à nos besoins. En fait,
nous avons une production, mais elle est très mal orientée. Et l'action que
les chefs d'Etat sont en train de mener actuellement, c'est de veiller à ce
que la production puisse être mieux répartie, afin de mieux satisfaire les
besoins des populations", a relevé Jiadiais Kamga.
Le CORAF, dont le siège est à Dakar, regroupe les
systèmes nationaux de recherche agricole de de 21 pays africains: Bénin, Burkina
Faso, Cameroun, Cap-Vert, Centrafrique, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Gambie,
Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, République
démocratique du Congo (RDC), Sénégal, Sierra Leone, Tchad et Togo.