ABIDJAN, 14 juin (Xinhua) -- Paris souhaite retouver
les " relations amicales" avec son ancienne colonie a affirmé samedi le
ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner,
actuellement en visite en Côte d'Ivoire.
"Je crois que l'essentiel et le plus difficile, et
parfois même le plus tragique, de cette crise (bilatérale) est derrière
nous. Et c'est le sentiment de tous mes interlocuteurs", a annoncé M.
Kouchner suite à un entretien avec le président ivoirien Laurent
Gbagbo.
"La France est de retour en Côte d'Ivoire avec
beaucoup d'espoir et de fraternité", a poursuivi le chef de la diplomatie
française.
Samedi plus tôt, à l'issue d'une rencontre avec le
Premier ministre ivoirien Guillaume Soro, M. Kouchner a affirmé que sa
visite "signifie le début du rétablissement des relations
normales avec la Côte d'Ivoire".
M. Kouchner, qui a commencé son séjour à Abidjan par
la visite à la base militaire française, a également écarté une retraite
immédiate de la Côte d'Ivoire de la froce Licorne, qui y compte
actuellement 1800 soldats.
"Pour l'heure, le gouvernement ivoirien demande à
Licorne de rester. Il n'est pas question qu'ils partent maintenant (...)
"Je pense qu'avant les élections, ce serait déraisonnable", a-t-il
expliqué.
Cette élection présidentielle en Côte d'Ivoire, sans
cesse d'être reportée depuis octobre 2005 faute de consensus politique,
a été finalement fixée au 30 novembre 2008.
Toujours samedi, le ministre français a par ailleurs
rencontré d'autres hommes politiques, notamment l'un des leaders de
l'opposition, l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara et le
président de la Commisison électorale indépendante (CEI), Robert
Mambé.
Les relations entre la France et la Côte d'Ivoire
s'étaient largement détériorées en novembre 2004 suite au bombardement
d'un camp militaire français basé à Bouaké (centre), qui avait tué
neuf soldats français.
La riposte française, ayant détruit des
aéronefs ivoiriens, avait provoqué de violentes manifestations antifrançaises,
se sont soldées par plusieurs dizaines de morts et de blessés
ivoiriens et le rapatriement d'environ 8000 ressortissants français.