YAOUNDE, 10 juin (Xinhua) -- Des responsables des
services et organismes sous-tutelle du ministère camerounais de
l'Agriculture ont démarré mardi à Yaoundé une conférence de trois jours
sur des mesures à prendre pour relancer la production agricole dans ce
pays.
Pendant cette conférence annuelle, sous le thème
"les grandes ambitions de l'agriculture camerounaise" cette année, les
participants vont confirmer l'importance du secteur agricole et
rural dans l'économie, repérer les goulots d'étranglement du secteur
et proposer des solutions de sortie.
Ils tenteront aussi d'exorciser la léthargie au sein
du ministère de l'Agriculture afin de donner un contenu opérationnel
susceptible de renforcer le secteur et, valoriser la place des
ingénieurs agronomes qui passent plus de temps dans les bureaux que
sur le terrain.
"Nous devons trouver des solutions rapides aux maux
qui entravent le développement de l'agriculture au Cameroun", a dit
Jean Kueté, vice-Premier ministre et ministre de l'Agriculture et du
développement rural.
"L'appareil de production reste insignifiant dans
notre pays et le mode de production demeure archaïque", a-t-il indiqué, en
tenant à remercier les pays amis et partenaires au développement du
Cameroun, la France, la Chine, les Etats-Unis, la Banque mondiale, la FAO,
pour l'aide qu'ils ont toujours apportée au Cameroun.
Il a énuméré des mesures d'urgence pour que "d'ici
trois ans l'on ne parle plus de la famine au Cameroun": la distribution
des semences améliorées, le renforcement de l'insertion des jeunes
dans le secteur agricole, le soutien aux retraités qui veulent se
lancer dans l'agriculture, la mise en place d'un fond de relance de
la production agricole, etc.
Pour professeur Touna Mama, agrégé en Sciences
économiques et conseiller technique N°1 dans les services du Premier
ministre, " il n'y a pas de développement sans résolution des questions
agricoles. Tout développement passe par la révolution verte."
"Toutes les grandes puissances ainsi que des pays
émergeants sont passés par cette voie. Car un dicton connu de tous,
rappelle que 'ventre affamé n'a point d'oreille", a-t-il expliqué.
Pour que le Cameroun redevienne "le grenier
de l'Afrique centrale et même de tout le continent", le professeur a
donné des pistes pour une sortie de crise: le retour des
subventions agricoles, la construction et l'entretien des pistes rurales
pour permettre aux agriculteurs d'évacuer leurs produits,
le développement des cultures de rente, maraîchers, la valorisation
des ingénieurs agronomes et autres techniciens agricoles, le retour au
plan quinquennal du secteur etc.