TUNIS, 10 juin (Xinhua) --
Le leader libyen Mouammar Kadhafi a qualifié mardi le projet de "l'Union
pour la Méditerranée" (UPM), présenté par le président français Nicolas
Sarkozy, comme un " affront" pour les pays de la rive sud du Méditerranée.
(Photo: Xinhua)
"Ils nous prennent pour des idiots, nous
n'appartenons pas à Bruxelles, s'ils veulent coopérer, il faut qu'ils
passent par le Caire où se trouve le siège de la Ligue arabe et par
Addis-Abeba, siège de l'Union africaine", a-t-il dit à l'ouverture du
mini- sommet arabe consacré à la concertation sur le projet de l'UPM.
Les travaux de la concertation au sommet ont
démarré, mardi après-midi à Tripoli, sous la présidence du colonel Kadhafi
et avec la participation des présidents tunisien Zine El Abidine Ben
Ali, algérien Abdelaziz Bouteflika, mauritanien Sidi Mohamed Ould
Cheikh Abdellahi et Bachar El Assad et du Premier ministre marocain
Abbas El Fassi.
Selon Kadhafi, l'UPM reprend des projets économiques
qui ont déjà échoué dans le cadre du "processus de Barcelone" lancé en
1995 par l'UE avec les pays méditerranéen du sud.
"Ils nous jettent un hameçon pour nous entraîner
dans de tels projets et ils viennent avec des offres économiques parce
qu'ils nous considèrent comme des affamés, c'est un affront", a-t-il
ajouté.
A travers ce mini-sommet, les dirigeants et chefs
d'Etat souhaitent mettre au point une position commune au sujet du
projet du UPM qui sera lancé officiellement le 13 juillet à Paris.
Les dirigeants débattront aussi du rôle que jouera
Israël dans ce projet entériné en mars par les dirigeants de l'Union
européenne.
Plusieurs pays de la rive sud du Méditerranée comme
la Turquie, la Libye et la Syrie, l'Algérie ont exprimé des réticences pour
le projet d'UPM qui aurait pour objectif d'améliorer notamment la
coopération dans les domaines du commerce, de la sécurité et de
l'immigration.