BERLIN, 9 juin (Xinhua) --
La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas
Sarkozy ont résolu lundi un important différend en matière de plan de
l'Union européenne ( UE) pour la réduction des émissions de voitures, avant
que Paris prenne la présidence tournante de l'UE.
Ils ont annoncé leur accord lors d'une conférence de
presse conjointe à l'issue d'un sommet franco-allemand tenu à Straubing,
ville située dans le sud de l'Allemagne.
Selon Mme Merkel, Paris et Berlin soutiennent
désormais un objectif de la Commission européenne de réduire la moyenne
des émissions de dioxide de carbone à 120 grammes par km pour les
nouvelles voitures en 2012.
Cet accord comprend aussi des points de transition
plus flexibles pour que les fabricants s'adaptent facilement aux
nouvelles normes.
"Nous avons besoin d'une période substantielle en
étapes pour renouveler l'ensemble du volet des produits de l'industrie
automobile", a expliqué Mme Merkel.
Le plan de l'UE pour limiter les émissions de
dioxyde de carbone par les voitures a jeté une pomme de discorde entre
l'Allemagne et la France pendant des mois, parce que Berlin se
plaint que ce plan mette les fabricants allemands d'automobiles
de luxe en position désavantageuse face à leurs concurrents français
et italiens qui fabriquent principalement des voitures plus petites
et moins polluantes.
Mme Merkel a qualifié l'accord de lundi de "percée
importante" pour montrer que l'Allemagne et la France peuvent travailler
ensemble pour résoudre de différends majeurs.
"Nous avons prouvé une fois de plus que la France et
l'Allemagne peuvent travailler ensemble. Nous sommes d'accord pour
travailler ensemble", a-t-elle dit.
Avant le sommet, Mme Merkel a laissé entendre que M.
Sarkozy pourrait compter sur le soutien complet de Berlin durant la
présidence française de l'UE dans les six mois à venir à partir
du 1er juillet prochain.
M. Sarkozy a pour sa part affirmé que Paris aurait
besoin du soutien de Berlin. "Nous voulons travailler main dans la main
avec l'Allemagne et la chancelière", a-t-il dit.
BERLIN INDIFFEREND A DES INITIATIVES DE PARIS
Cette unité dévoilée ne signifie pas pour autant que
Paris et Berlin s'entendent sur d'autres importants problèmes.
Lundi, M. Sarkozy a réaffirmé sa proposition de
contenir la flambée des prix du pétrole par la baisse des taxes de l'UE
sur le carburant, alors que Mme Merkel n'a pas donné écho à cette
initiative.
La France et l'Allemagne ont également des intérêts
différents vis à vis du plan de M. Sarkozy sur la création d'une Union
méditerranéenne, qui pourrait devenir une priorité de la présidence
française de l'UE.
L'Allemagne qui considère l'initiative de M. Sarkozy
comme un contrepartie de l'expansion de l'UE vers l'Europe de l'Est et une
tentative de mettre Berlin de côté, a mis en garde à maintes
reprises contre l'unilatéralisme de Paris sur ce dossier.
Lundi, le président français a appelé à
l'élargissement de l'usage de l'énergie atomique pour "une future
solution" au problème énergétique, exprimant son souhait de construire des
centrales nucléaires de future génération en coopération avec
l'Allemagne.
La chancelière allemande a cependant indiqué qu'elle
était bloquée par un accord conclu avec ses partenaires de coalition
sur l'abandon progressif de l'énergie nucléaire en 2021, bien qu'elle
pense personnellement que cela ne constitue pas un choix sage.
Le sommet franco-allemand d'une seule journée a
également rassemblé le Premier ministre français François Fillon ainsi que
les ministres des Affaires étrangères, de la Défense, de l'Economie
et de l'Environnement des deux pays.