NEW YORK (Nations Unies), 9 juin (Xinhua) -- Des
facteurs culturels comme la subordination des femmes joue un rôle dans la
diffusion du VIH/sida en Afrique, conclut un nouveau rapport qui met
en lumière l'entrave que pose l'épidémie au développement du
continent.
Les épidémies de sida en Afrique sont multiples et
des solutions diverses conviennent à chaque pays, conclut ce rapport
de la Commission du VIH/sida et de la gouvernance en Afrique (CHGA) ,
intitulé "Préservons notre avenir".
A la réception du rapport, le secrétaire général de
l'ONU, Ban Ki-moon, a indiqué qu'il est important de comprendre que la
multiplicité des épidémies de sida en Afrique font que des
politiques uniques ne fonctionneront pas sur tout le continent.
Il a souligné l'importance de mettre en oevre les
lois qui visent à éliminer la violence contre les femmes et d'améliorer la
vie des orphelins du sida.
Pour les auteurs du rapport, les épidémies en
Afrique sont le reflet d'importantes disparités entre les sexes.
"Il existe un lien important entre la subordination
des femmes et des fillettes dans la société et une vulnérabilité extrême à
l'infection par le VIH", ont-ils estimé, appelant à résoudre les
problèmes associés à la condition subalterne des femmes et des
fillettes, ainsi qu'à combattre la violence à leur encontre.
Le rapport indique par ailleurs que le nombre
d'enfants infectés et affectés par le sida va augmenter dans les années à
venir et l'absence d'appui médical et communautaire particulier
entraînera des conséquences catastrophiques pour ces enfants et pour
le développement de l'Afrique.
En soulignant l'importance de donner la priorité à
la prévention, notamment par l'information, les auteurs du rapport
ont aussi déploré l'insuffisance des ressources humaines.
"Le manque de ressources financières et humaines
constitue le plus grand obstacle à l'élargissement du traitement et de la
prise en charge du VIH et au renforcement des systèmes de soins de
santé en Afrique", ont-ils affirmé.
Ces manques de personnels et de moyens dans les
systèmes de santé, qu'ils soient dus à l'exode des cerveaux ou à
l'absentéisme, font que les professionnels qualifiés ne veulent plus
travailler dans les structures du système de santé publique, explique le
document, qui engage l'assistance internationale à prévoir un
financement de la santé publique.
La CHGA a été créée en 2003 par le précédent
secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. Elle est présidée par le
secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour
l'Afrique, K.Y. Amoako et comprend 20 membres, dont le directeur exécutif
de l'ONUSIDA, le Dr Peter Piot.
La commission, basée au siège de la Commission
économique des Nations Unies pour l'Afrique à Addis Abeba, a pour mission
d'étudier les liens existant entre le sida et la gouvernance dans
divers domaines dont l'agriculture, la jeunesse et l'armée.
Les conclusions et recommandations du rapport
reflètent les vues de plus d'un millier d'Africains, dont des décideurs
politiques, des groupes de plaidoyer, des ONG, des organisations
communautaires, des personnes vivant avec le VIH, des institutions de
recherche et des organismes du système des Nations Unies.