HANOI, 7 juin (Xinhua) -- Dans le contexte de la
mondialisation, les Africaines sont confrontées à trois grands défis : le
manque d'accès aux informations, peu d'utilisation de la technologie et
les problèmes de santé, indique samedi la Premier ministre
mozambicaine Luisa Dias Diogo dans une interview à Xinhua.
"Le plus grand défi consiste au manque d'accès à la
communication, aux informations et aux connaissances", souligne Mme
Dias Diogo, en marge du 18e Sommet mondial des femmes, qui a eu lieu du 5
au 7 juin à Hanoi au Vietnam.
Avec ou sans accès aux informations, les femmes
africaines ne sont pas préparés à répondre aux opportunités et aux défis
posés par la mondialisation, a-t-elle dit.
Les Africaines ont besoin des mêmes outils que leurs
pairs dans d'autres continents pour s'acquitter de leurs taches et sont en
concurrence les uns avec les autres, dit-elle.
S'agissant de l'utilisation de la technologie, la
femme politique mozambicaine affirme : "Vous ne pouvez pas utiliser la
technologie, si vous êtes bien formée. Si vous ne maîtrisez pas
la technologie, vous dépenserez plus de temps que les autres."
Avec une productivité faible, les Africaines sont
"toujours derrière" les autres, déplore Mme Dias Diogo, qui s'est vu
attribuer le Prix mondial du leadership féminin au Vietnam.
Le troisième défi, c'est les conséquences des
maladies, plus les situations locales qui rendent les Africaines les plus
vulnérables.
"Les Africaines doivent faire face à de nombreuses
maladies .. En Afrique, la prévalence u sida est très élevé", regrette la
Mozambicaine.
Les femmes vivant dans d'autres parties du monde
n'ont pas besoin de prendre autant de soin de la santé, indique Mme Dias
Diogo, rappelant que pour un certain nombre d'Africaines, même la
grossesse et l'accouchement est un problème.
L'AFRIQUE A AUSSI DES AVANTAGES
Selon Mme Dias Diogo, l'Afrique a des avantages,
notamment les ressources naturelles et la population plus jeune, qui est
plus active, dynamique et enthousiaste.
Avec un meilleur accès aux ressources en
connaissances, "je pense que les Africaines ont plus de possibilités de
jouer un rôle actif dans la mondialisation", souligne la Premier ministre
mozambicaine.
Au Mozambique, le taux d'analphabétisme est passé de
plus de 90% en 1975 à 52% en 2007, et le PIB a triplé pour atteindre neuf
milliards de dollars la dernière décennie, rappelle-t-elle.
Les Africaines, les Mozambicaines en particulier,
jouent un rôle de plus en plus important dans divers domaines, notamment
dans la réduction de la pauvreté, selon elle.
"Le rôle des Africaines dans la lutte contre la
pauvreté est très important, car elle fait le travail. Elle travaille dans
le domaine le plus important qu'est l'agriculture", dit-elle.
Les Africaines jouent également un
rôle important dans les familles, unité de base dans les sociétés africaines
qui sont souvent touchés par les conflits et les catastrophes
naturelles. En cas où les familles et les nations étaient touchées par
les catastrophes, "les femmes ont la responsabilité d'unir la famille, et plus
loin, réunir le pays", souligne Mme Dias Diogo.