BRAZZAVILLE, 6 juin (Xinhua) -- La directrice des opérations
de la Banque mondiale (BM) pour les deux Congo (Brazzaville et Kinshasa),
Mme Marie-Françoise Marie Nelly a appelé vendredi à
Brazzaville le gouvernement congolais à plus de transparence dans la
gestion des recettes pétrolières pour combattre le taux de pauvreté qui se
situe autours de 51%.
L'appel de la BM à l'endroit des autorités
congolaises a été lancé au cours d'une conférence de presse organisée au
terme de la revue sur la performance du portefeuille de la banque, depuis
son réengagement au Congo en 2001.
"Dans la gestion des recettes pétrolières, des
efforts ont été fait, mais il reste encore du chemin à parcourir pour
renforcer davantage la gestion dans ce secteur, assurer la transparence et
surtout une bonne allocation des ressources pour préparer l'avenir du
pays et développer le secteur non-pétrolier", a souligné Mme Marie Nelly.
"Nous demandons au gouvernement d'améliorer
l'utilisation de ces ressources en sachant que par nature la ressource
pétrolière est volatile, temporaire et donc épuisable", a-t-elle
précisé.
Au Congo, le secteur pétrolier représente
aujourd'hui quelque 80% des recettes de l'Etat et 90% des exportations,
mais l'économie ne se diversifie guère.
Selon la directrice des opérations de la BM, l'Etat
qui gère la Société nationale des pétroles du Congo et la Congolaise de
raffinage doit également améliorer la gestion de ces entreprises,
cela au regard du rôle déterminant de cette dernière dans
l'approvisionnement du marché domestique.
Première source de revenu du Congo, la production
pétrolière devra connaître cette année un boom, avec une augmentation de
l'ordre de 10% grâce à la mise en production, le 22 mai dernier, du
gisement off-shore profond, Moho-Bilondo avec une production estimée à 90
mille barils jour.
Selon quelques statistiques, malgré l'augmentation
de la production pétrolière, 70% de Congolais vivent en dessous du
seuil de pauvreté.
Au Congo, à peine 5% de la population vivant
en zones rurales ont accès à l'électricité, contre moins de 45% en
zones urbaines. L'approvisionnement en eau potable n'est guère
meilleur.