NEW YORK, 6 juin (Xinhua) -- Les
cours du brut ont connu vendredi une hausse de plus de dix dollars en une
seule séance, s'approchant des 140 dollars le baril sur fond de tensions
au Moyen-Orient, de faiblesse du dollar et de prévisions pessimistes
de Morgan Stanley.
Le baril de "light, sweet crude" pour livraison de
juillet a progressé de 10,75 dollars à 138,54 dollars sur le New York
Mercantile Exchange après avoir battu l'ancien record des 139,12
dollars.
Il s'agit de la plus importante hausse enregistrée
en une seule journée depuis le début des opérations sur des contrats
pétroliers à terme du Nymex en 1983.
(Photo: Xinhua)
"Toutes les personnes ont retenu leur respiration
aujourd'hui alors qu'elles étaient les témoins de la flambée
exceptionnelle des prix du pétrole", a indiqué Conley Turner, analyste
principal de Wall Street Strategies.
TENSIONS AU MOYEN-ORIENT
"Les cours du brut ont subitement progressé pour
atteindre un nouveau record de tout les temps à plus de 139 dollars le
baril, ce qui consterne tous les acteurs du marché", a déclaré à Xinhua
M. Turner.
"Cette envolée est due à plusieurs facteurs. Tout
d'abord, les propos tenus par le Premier ministre israélien Ehud Olmert,
selon lesquelles le pays, qui vient de fêter son 60e anniversaire,
attaquerait l'Iran si celui-ci ne renonca it pas à son programme
nucléaire", a-t-il expliqué.
Une éventuelle opération militaire israélienne
contre Téhéran a poussé les négociants et les investisseurs à enchérir sur
les prix du pétrole, ce qui à abouti à des contraintes d'approvisionnement
dans un monde qui est déjà ultra-sensible à la fluctuation de
l'offre.
L'Iran, le second plus grand producteur de
l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), a été accusé de
chercher à mettre au point des armes nucléaires sous le couvert d'un
programme nucléaire civil. Toutefois, la République islamique a
démenti ces accusations et a réaffirmé que son programme
nucléaire poursuivait uniquement des objectifs pacifiques.
Le Pentagone a indiqué que rien n'avait changé sur
le terrain et qu'il n'y avait aucune raison pour l'Etat hébreu de se livrer
à une telle opération en ce moment.
"Israël est très préoccupé par son avenir et sa
sécurité", alors que les Etats-Unis "s'efforcent de résoudre le dossier
nucléaire iranien par la voie diplomatique", a déclaré vendredi
la Maison Blanche.
FAIBLESSE DU DOLLAR ET PREVISIONS DE MOGAN
STANLEY
L'envolée des cours du brut a été également stimulée
par la dépréciation du dollar, qui a poursuivi sa tendance baissière,
après que le président de la Banque centrale européenne Jeau- Claude
Trichet ait annoncé jeudi que la banque pourrait relever les taux
d'intérêt dans un proche avenir.
Le dollar a chuté par rapport à l'euro vendredi
après la publication d'un rapport sur le taux de chômage américain, plus
élevé que prévu.
Le rapport du département du Travail a montré que le
taux de chômage américain avait progressé de 5,5% le mois dernier, soit
la hausse la plus spectaculaire en un mois depuis 1986, ce qui a
également entraîné une nouvelle dévaluation du dollar.
Par ailleurs, les prévisions faites par une
importante société de courtage, selon lesquelles la l'importante demande
asiatique pourrait conduire les cours du pétrole à atteindre 150 dollars
le 4 juillet, constituent le troisième élément alimentant l'envolée
des cours du brut vendredi.
Les exportations pétrolières du Moyen-Orient sont
stables, mais l'Asie n'en a jamais absorbé une si grande proportion, a
indiqué Morgan Stanley dans son dernier rapport, ajoutant que les
inventaires énergétiques américains avaient diminué de 35 millions de
barils depuis mars.
Le mois dernier, Goldman Sachs a prédit que les
cours du brut dépasseraient les 200 dollars le baril dans les deux années
prochaines.