LE CAP (Afrique du Sud), 5 juin (Xinhua) -- Malgré
les opinions diverses sur les performances économiques du continent
exprimées par les participants au 18ème Forum économique mondial sur
l'Afrique, qui s'est ouvert mercredi au Cap, en Afrique du Sud,
la plupart des analystes sont optimistes quant aux perspectives de
croissance de l'Afrique.
"Les perspectives de l'Afrique sont extrêmement
brillantes", a affirmé le ministre sud-africain des Finances Trevor Manuel.
" Les prévisions de la Banque africaine de développement de 5,9% de
croissance pourraient être sous-estimées. L'Afrique est aujourd'hui
un bon endroit."
L'augmentation du prix des matières premières et une
meilleure gestion économique des pays africains aideront à dynamiser la
croissance sur le continent, selon M. Manuel.
Bien que l'environnement économique mondial ne soit
pas positif pour l'Afrique à l'heure actuelle, 25 pays d'Afrique
subsaharienne ont connu un taux de croissance de plus de 5% l'année
dernière et 31 devraient enregistrer ce taux cette année, a-t-il souligné.
Une récente étude conjointe de la Banque africaine
de développement, de l'Organisation pour la coopération et le
développement économiques et de la Mission économique des Nations
Unies pour l'Afrique montre que l'économie africaine connaîtra
une croissance de 6% cette année, et ce, malgré des défis comme la
hausse des prix de l'alimentaire, le changement climatique et la
pénurie d'eau.
"Nous sommes très optimistes quant à l'avenir de
l'Afrique", a déclaré au forum le directeur exécutif de Coca-Cola Neville
Isdell, qui a salué l'esprit d'entreprise des Africains.
Le directeur du forum, Borge Brende, a lui souligné
que si l'Afrique posait des problèmes pour les investisseurs, elle
représentait aussi d'énormes opportunités.
Sultan Ahmed Bin Sulayem, président du groupe
d'investissement Dubai World, voit lui le potentiel de l'Afrique pour les
investissements, estimant que l'instabilité du continent " appartient
au passé" et que la nouvelle génération de dirigeants africains veut
changer cette image de l'Afrique.
Les investissements dans des pays africains comme
l'Afrique du Sud, plus grand producteur d'or et de platine du monde, et la
Zambie, plus grand producteur de cuivre d'Afrique, ont augmenté avec
la hausse record des prix de ces métaux.
He Wenping, chercheur et directeur du département
des Etudes africaines de l'Académie chinoise des sciences sociales, a
souligné que la Chine jouait un rôle majeur dans les performances
économiques de l'Afrique et que le commerce Chine-Afrique
représentait 20% de la croissance économique de l'Afrique.
Mais il y a aussi des pessimistes. Pour Austine
Ometoruwa, président et directeur exécutif de la Africa Finance
Corporation, les fondamentaux de la croissance en Afrique sont en ce moment
d'une faiblesse qu'ils n'avaient plus connue depuis longtemps.
Il explique cela par les problèmes d'infrastructures
dans les domaines de l'électricité et des transports, estimant que ces
problèmes auraient dû être réglés il y a des années.
Près de 850 personnalités politiques et du monde des
affaires de 50 pays assistent à ce forum qui durera jusqu'au 6 juin. La
réponse de l'Afrique à la crise alimentaire, énergétique et
climatique en est l'objet.