ROME,
5 juin (Xinhua) -- Les dirigeants du monde entier réunis à Rome autour de
la crise alimentaire mondiale ont cherché jeudi à trouver un compromis sur
une réponse commune à la flambée des prix de l'alimentaire.
(Photo: Xinhua/Reuters)
Dans un projet de déclaration
obtenu par l'agence Xinhua, les délégués de 151 pays s'engagent à "tout
faire pour soulager les souffrances causées par la crise, stimuler la
production de produits alimentaires et augmenter les investissements dans
l'agriculture".
(Photo: Xinhua/Reuters)
Le sommet de trois jours de l'Organisation des
Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a été organisé
alors qu'en deux ans le prix des matières premières a considérablement
augmenté, une tendance haussière qui s'est accentuée au premier
trimestre 2008. Le prix de produits comme le riz, le maïs et le blé
a atteint des niveaux record, occasionnant des émeutes dans de nombreux
pays et empirant la situation de 850 millions de personnes déjà affectées
par une famine chronique.
Si l'éradication de la faim fait l'unanimité, les
dirigeants buttent encore sur une stratégie commune pour contrer la
flambée des prix des produits alimentaires.
Les biocarburants sont au coeur du problème car la
hausse de leur production par les Etats-Unis, l'Union européenne et le
Brésil notamment, comme alternative face à l'augmentation du prix du
pétrole, est considérée comme responsable de cette flambée des prix. C'est
aussi ce qu'affirme un rapport de la FAO.
Le projet de déclaration se veut mesuré, jugeant que
les biocarburants sont autant un défi qu'une opportunité et qu'ils
nécessitent davantage de recherche.
On n'attendait pas du sommet qu'il aboutisse à des
promesses d'aide ou à de nouvelles politiques mondiales, mais ces
négociations pourraient donner le ton d'efforts concertés pour la
sécurité alimentaire.
Dans un discours fort lors de ce sommet, le
secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a évoqué une stratégie à deux
voies en réponse à la crise alimentaire mondiale.
Il a demandé une aide d'urgence pour les pays en
développement les plus vulnérables et la distribution urgente de graines
et de fertilisant pour dynamiser la production des plantations de cette
année.
A long terme, selon M. Ban, le monde a besoin
d'investissements pour revitaliser l'agriculture.
"Le monde doit produire plus de denrées
alimentaires", a-t-il affirmé, "la production alimentaire doit augmenter
de 50% d'ici à 2030 pour répondre à la demande croissante."
Il a également demandé la levée immédiate des
restrictions à l'exportation imposées par certains pays pour protéger
l'offre de nourriture sur le marché national.