PARIS, 5 juin (Xinhua) -- La première ministre de la
Défense espagnole, Carme Chacon, l'une des neuf ministres femmes au sein
du cabinet espagnol, composé de 17 membres, a attiré l'attention
mondiale lorsqu'elle est apparue en avril, enceinte de sept mois,
pour inspecter les troupes.
Le monde politique a davantage été sous les
projecteurs au moment où Mara Carfagna, ancienne mannequine italienne, qui
a remporté la 6e place lors du concours de beauté Miss Italie 1997,
a été nommée ministre chargée de l'égalité des chances.
Mme Carfagna fait partie des quatre ministres femmes
nommées en mai par le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, critiqué
pour avoir jugé "trop rose" le cabinet espagnol majoritairement
féminin.
La forte présence féminine au sein des cabinets
espagnol et italien a poussé encore plus loin la vague de la montée sur la
scène politique de politiciennes dans l'ensemble de l'Europe depuis
l'entrée en fonction de la chancelière allemande, Angela Merkel, et de la
Première ministre ukrainienne, Ioulia Timochenko.
Le journal français Le Figaro a indiqué lors d'un
récent reportage que certaines personnes pourraient qualifier les
avancées féminines sur la scène politique européenne de " dégradation
politique", tandis que plus de gens voient la tendance comme un symbole de
la "transformation sociale".
En plus, plusieurs dirigeants politiques sont
devenus plus enclins qu'avant à présenter l'atout féminin pour
l'acquisition de la popularité.
Lors d'un remaniement sans précédent, le président
français, Nicolas Sarkosy, a nommé au total 11 ministres femmes à son
cabinet, dont la ministre de l'Intérieur et celle de l'Economie,
deux postes dominés depuis lontemps par les hommes.
Le parcours politique des Françaises a toujours été
pénible avant la percée dans les années 70.
En 1974, l'ancien président français, Valéry Giscard
d'Estaing, nomme dans son cabinet deux ministres femmes pour la première
fois dans l'histoire moderne française.
Son successeur, François Mitterrand, avait également
pris une décision historique en nommant Edith Cresson au poste de Premier
ministre de la France.
Pendant longtemps, Jacques Chirac, alors Premier
ministre, lors de la cohabitation avec le président Mitterrand, avait
appelé les politiciennes de "ravissantes idiotes" ou des
"importunes".
Néanmoins, après son arrivée au pouvoir en 1995, le
président Chirac a ratifié une loi historique soutenant l'égalité
sexuelle, conformément à laquelle le nombre de candidats masculins et de
candidates féminines au Parlement doit être le même.
Les politiciennes pourraient-elles encore être
"gênantes" de nos jours ? "Quelquefois, juste comme leurs collègues
masculins", estime le Figaro.
En 2004, des photos de plusieurs politiciennes
espagnoles prenant des poses "contestables" ont été publiées dans un
magazine de mode, provoquant un tumulte chez les féministes et des
critiques publiques.
La ministre française de la Justice, Rachida Dati, a
également été la cible d'accusations parce qu'il a semblé que sa
préférence allait à un banquet de Dior plutôt qu'à la visite prévue dans
une prison.
Les politiciennes ne doivent pas manifester leur
poigne ferme comme leurs collègues masculins, mais la douce féminité n'est
pas suffisante non plus pour garantir les victoires politiques. Tout
manque dans l'accomplissement de leurs engagements serait un revers
pour leur carrière politique.
La chef de file des socialistes en France,
Ségolène Royal, battue l'année dernière lors de la présidentielle par
Nicolas Sarkozy, sait cela mieux que quiconque, la clé pour que
les femmes remportent des victoires politiques est qu'elles doivent
prouver qu'elles sont aussi bien, voire même mieux pour vaincre
leurs adversaires masculins.