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Gabon : le PDG continue à jouer les premiers rôles dans la scène politique gabonaise
  2008-06-01 07:42:28  

     LIBREVILLE, 30 mai (Xinhua) -- Vainqueur des élections locales  du 27 avril dernier (1 100 sièges sur 1990), le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) s'est adjugé la majorité des mairies du pays ainsi que celle de Port-Gentil, la capitale économique, qui  lui a toujours été hostile depuis l'avènement du multipartisme en  1990. 

     Malgré son très grand nombre d'élus au niveau national, le PDG  ne pouvait seul élire ses candidats au poste de maire central,  maire d'arrondissement ou de président d'Assemblée départementale  dans les 119 municipalités en compétition sans l'apport d'autres  partis. Les élections pour ces postes ont eu lieu les 25 et 27 mai dernier. 

     A la veille de ces scrutins, le président Omar Bongo Ondimba a  personnellement supervisé la signature des accords jugés parfois  contre nature pour faire élire les candidats de son parti aux  postes convoités par son parti. 

     Résultat : Port-Gentil, traditionnellement acquise à  l'opposition, est désormais tombée sous le contrôle du PDG.  

     L'Union du peuple gabonais (UPG, opposition) de Pierre  Mamboundou, l'Union gabonaise pour la démocratie et le  développement (UGDD, opposition) ainsi que d'autres partis de la  majorité présidentielle se sont associés pour battre l'Alliance  des Batisseurs, un groupe d'élus indépendant dirigé par le maire  sortant de Port-Gentil, Séraphin Ndaot Rembongo. 

     A Libreville, le PDG a conservé, sans difficultés, le contrôle  de la mairie centrale qui lui avait échappé entre 1997 et 2002  lorsque l'opposant radical de l'époque Paul Mba Abessole était élu maire de la capitale.  

     L'UPG, qui était jusqu'à un passé récent dans l'opposition  radicale, a également permis au PDG d'arracher la Mairie de Mouila (sud) au Parti social démocrate (PSD, majorité présidentielle) de  Pierre Claver Maganga Moussavou.  

     L'hégémonie du pdg, créé par le président Omar Bongo Ondimba en 1968 et qui est resté au pouvoir depuis sa création, a cependant  été contestée dans certaines localités. 

     Une alliance entre l'UPG et de petits partis a permis de mettre le PDG en minorité à Tchabanga (sud). 

     Oyem, la principale ville du nord du pays, a pour le second  mandat consécutif échappé au PDG surclassée par le Rassemblement  pour le Gabon (RPG, majorité présidentielle) de l'actuel Vice- premier ministre, Paul Mba Abessole. 

     Dans le Haut-Ogooué (sud-est), province dont est issu le chef  de l'Etat gabonais, le PDG a certes raflé la majorité de postes,  mais l'UGDD de Zachary Myboto, arrivé en deuxième position lors du scrutin du 27 avril avec environ 160 conseillers, a conquis  quelques précieuses victoires. L'UGDD a notamment brillé à Mounana, son fief traditionnel et Moanda, principale cité minière du Gabon  où la Compagnie minière de l'Ogooué (COMILOG) exploite le  manganèse depuis les années 60. 

     L'opposition avec très peu d'élus a remporté quelques mairies  et assemblées départementales. Mais elle se contentera de jouer le second rôle dans la gestion des collectivités locales qui manquent cruellement de budget d'investissement.  

     Libreville, dotée d'un budget de 14 milliards de FCFA, ne  parvient pas à réaliser des investissements pour moderniser la  capitale du pays. Les maigres budgets des municipalités ne servent généralement qu'à payer les salaires.