LIBREVILLE, 30 mai (Xinhua) -- Vainqueur des
élections locales du 27 avril dernier (1 100 sièges sur 1990), le Parti
démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) s'est adjugé la majorité des
mairies du pays ainsi que celle de Port-Gentil, la capitale économique, qui
lui a toujours été hostile depuis l'avènement du multipartisme en
1990.
Malgré son très grand nombre d'élus au niveau
national, le PDG ne pouvait seul élire ses candidats au poste de maire
central, maire d'arrondissement ou de président d'Assemblée départementale
dans les 119 municipalités en compétition sans l'apport d'autres
partis. Les élections pour ces postes ont eu lieu les 25 et 27
mai dernier.
A la veille de ces scrutins, le président Omar Bongo
Ondimba a personnellement supervisé la signature des accords jugés parfois
contre nature pour faire élire les candidats de son parti aux postes
convoités par son parti.
Résultat : Port-Gentil, traditionnellement acquise à
l'opposition, est désormais tombée sous le contrôle du PDG.
L'Union du peuple gabonais (UPG, opposition) de
Pierre Mamboundou, l'Union gabonaise pour la démocratie et le
développement (UGDD, opposition) ainsi que d'autres partis de la
majorité présidentielle se sont associés pour battre l'Alliance des
Batisseurs, un groupe d'élus indépendant dirigé par le maire sortant de
Port-Gentil, Séraphin Ndaot Rembongo.
A Libreville, le PDG a conservé, sans difficultés,
le contrôle de la mairie centrale qui lui avait échappé entre 1997 et 2002
lorsque l'opposant radical de l'époque Paul Mba Abessole était
élu maire de la capitale.
L'UPG, qui était jusqu'à un passé récent dans
l'opposition radicale, a également permis au PDG d'arracher la Mairie de
Mouila (sud) au Parti social démocrate (PSD, majorité présidentielle) de
Pierre Claver Maganga Moussavou.
L'hégémonie du pdg, créé par le président Omar Bongo
Ondimba en 1968 et qui est resté au pouvoir depuis sa création, a cependant
été contestée dans certaines localités.
Une alliance entre l'UPG et de petits partis a
permis de mettre le PDG en minorité à Tchabanga (sud).
Oyem, la principale ville du nord du pays, a pour le
second mandat consécutif échappé au PDG surclassée par le Rassemblement
pour le Gabon (RPG, majorité présidentielle) de l'actuel
Vice- premier ministre, Paul Mba Abessole.
Dans le Haut-Ogooué (sud-est), province dont est
issu le chef de l'Etat gabonais, le PDG a certes raflé la majorité de
postes, mais l'UGDD de Zachary Myboto, arrivé en deuxième position lors
du scrutin du 27 avril avec environ 160 conseillers, a conquis
quelques précieuses victoires. L'UGDD a notamment brillé à
Mounana, son fief traditionnel et Moanda, principale cité minière du Gabon
où la Compagnie minière de l'Ogooué (COMILOG) exploite le manganèse
depuis les années 60.
L'opposition avec très peu d'élus a remporté
quelques mairies et assemblées départementales. Mais elle se contentera de
jouer le second rôle dans la gestion des collectivités locales qui
manquent cruellement de budget d'investissement.
Libreville, dotée d'un budget de 14
milliards de FCFA, ne parvient pas à réaliser des investissements pour
moderniser la capitale du pays. Les maigres budgets des
municipalités ne servent généralement qu'à payer les salaires.