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FAO : les prix des produits agricoles devraient rester élevés
  2008-05-30 11:04:29  

     PARIS, 29 mai (Xinhua) -- Selon les dernières "Perspectives  agricoles de l'OCDE et de la FAO", les prix des produits agricoles devraient fléchir par rapport à leurs récents niveaux record mais  devraient, sur les dix prochaines années, se maintenir au-dessus  de leur valeur moyenne de la décennie passée. 

     Dans un communiqué publié jeudi, la FAO a souligné que les prix élevés actuels frappent plus durement les populations pauvres et  qui souffrent de la faim, surtout les acheteurs nets de denrées  alimentaires, en particulier dans les zones urbaines des pays à  faible revenu. 

     Si l'aide humanitaire doit être mobilisée d'urgence pour faire  face à cette situation dramatique, à plus long terme l'accent doit être mis sur l'augmentation de la productivité des exploitations  agricoles dans ces pays ainsi que sur la croissance et le  développement économique en général. 

     "Face à une augmentation des prix des produits alimentaires, la solution n'est pas le protectionnisme mais l'ouverture des marchés agricoles et la libération de la capacité productive des  agriculteurs qui ont su, à plusieurs reprises déjà, répondre aux  incitations du marché", a indiqué le secrétaire général de l'OCDE  Angel Gurría lors de la présentation des Perspectives agricoles à  Paris. 

     Selon lui, les gouvernements peuvent faire davantage pour  stimuler la croissance et le développement dans les pays pauvres  afin d'améliorer le pouvoir d'achat des acheteurs les plus  vulnérables de produits alimentaires. 

     Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a déclaré, lors  d'une conférence de presse organisée jeudi pour le lancement des  Perspectives agricoles à Paris, que "des mesures cohérentes  doivent être prises de toute urgence par la communauté  internationale pour réduire l'incidence de l'augmentation des prix sur les populations pauvres et qui souffrent de la faim". 

     862 millions de personnes environ souffrent de la faim et de  malnutrition aujourd'hui, ce qui souligne la nécessité de  réinvestir dans l'agriculture, a-t-il dit.  

     Selon le rapport OCDE-FAO, si l'on compare les moyennes de la  décennie à venir à celles des dix dernières années, les prix réels, c'est-à-dire les prix nominaux corrigés de l'inflation, devraient, d'après le rapport de la FAO, augmenter de moins de 10 % pour le  riz et le sucre, de moins de 20 % pour le blé, et d'environ 30 %  pour le beurre, les céréales secondaires et les oléagineux et  jusqu'à 50 % pour les huiles végétales. 

     Une plus grande volatilité des prix n'est pas non plus exclue  étant donné que le niveau des stocks devrait rester bas et qu'une  partie de la demande de produits agricoles devient moins sensible  aux fluctuations des prix, dit le rapport. 

     La sécheresse dans certaines des principales régions  céréalières du monde dans un contexte de faibles stocks a été une  cause importante, mais transitoire, de l'envolée des prix ces deux dernières années. 

     Des facteurs plus permanents, comme les prix élevés du pétrole, le changement des régimes alimentaires, l'urbanisation, la  croissance économique et l'augmentation de la population mondiale  expliquent aussi que les prix moyens devraient, selon les  prévisions, être plus élevés dans les dix prochaines années qu'au  cours de la décennie passée. 

     La demande croissante de biocarburant est un autre facteur qui  contribue au renchérissement des prix. La production mondiale d'  éthanol a triplé entre 2000 et 2007 et devrait doubler encore d'  ici à 2017, pour atteindre 127 milliards de litres par an.  

     Les prix des produits alimentaires et leur impact sur l'  économie mondiale sera l'un des thèmes traités lors de la réunion  du Conseil au niveau des Ministres de l'OCDE qui se tiendra à  Paris les 4 et 5 juin. 

     Au cours d'une autre réunion qui aura lieu à Rome du 3 au 5  juin, les Chefs d'État et de gouvernement du monde entier  examineront les politiques et les stratégies permettant d'  améliorer la sécurité alimentaire dans le monde et de relancer l'  agriculture dans les communautés rurales des pays en développement.