PARIS, 29 mai (Xinhua) -- Selon les dernières
"Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO", les prix des produits
agricoles devraient fléchir par rapport à leurs récents niveaux record mais
devraient, sur les dix prochaines années, se maintenir au-dessus de
leur valeur moyenne de la décennie passée.
Dans un communiqué publié jeudi, la FAO a souligné
que les prix élevés actuels frappent plus durement les populations pauvres
et qui souffrent de la faim, surtout les acheteurs nets de denrées
alimentaires, en particulier dans les zones urbaines des pays à
faible revenu.
Si l'aide humanitaire doit être mobilisée d'urgence
pour faire face à cette situation dramatique, à plus long terme l'accent
doit être mis sur l'augmentation de la productivité des exploitations
agricoles dans ces pays ainsi que sur la croissance et le
développement économique en général.
"Face à une augmentation des prix des produits
alimentaires, la solution n'est pas le protectionnisme mais l'ouverture des
marchés agricoles et la libération de la capacité productive des
agriculteurs qui ont su, à plusieurs reprises déjà, répondre aux
incitations du marché", a indiqué le secrétaire général de l'OCDE
Angel Gurría lors de la présentation des Perspectives agricoles à
Paris.
Selon lui, les gouvernements peuvent faire davantage
pour stimuler la croissance et le développement dans les pays pauvres
afin d'améliorer le pouvoir d'achat des acheteurs les plus
vulnérables de produits alimentaires.
Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a
déclaré, lors d'une conférence de presse organisée jeudi pour le lancement
des Perspectives agricoles à Paris, que "des mesures cohérentes
doivent être prises de toute urgence par la communauté
internationale pour réduire l'incidence de l'augmentation des
prix sur les populations pauvres et qui souffrent de la faim".
862 millions de personnes environ souffrent de la
faim et de malnutrition aujourd'hui, ce qui souligne la nécessité de
réinvestir dans l'agriculture, a-t-il dit.
Selon le rapport OCDE-FAO, si l'on compare les
moyennes de la décennie à venir à celles des dix dernières années, les
prix réels, c'est-à-dire les prix nominaux corrigés de l'inflation,
devraient, d'après le rapport de la FAO, augmenter de moins de 10 % pour le
riz et le sucre, de moins de 20 % pour le blé, et d'environ 30 %
pour le beurre, les céréales secondaires et les oléagineux et
jusqu'à 50 % pour les huiles végétales.
Une plus grande volatilité des prix n'est pas non
plus exclue étant donné que le niveau des stocks devrait rester bas et
qu'une partie de la demande de produits agricoles devient moins sensible
aux fluctuations des prix, dit le rapport.
La sécheresse dans certaines des principales régions
céréalières du monde dans un contexte de faibles stocks a été une
cause importante, mais transitoire, de l'envolée des prix ces
deux dernières années.
Des facteurs plus permanents, comme les prix élevés
du pétrole, le changement des régimes alimentaires, l'urbanisation, la
croissance économique et l'augmentation de la population mondiale
expliquent aussi que les prix moyens devraient, selon les
prévisions, être plus élevés dans les dix prochaines années qu'au
cours de la décennie passée.
La demande croissante de biocarburant est un autre
facteur qui contribue au renchérissement des prix. La production mondiale
d' éthanol a triplé entre 2000 et 2007 et devrait doubler encore d'
ici à 2017, pour atteindre 127 milliards de litres par an.
Les prix des produits alimentaires et leur impact
sur l' économie mondiale sera l'un des thèmes traités lors de la réunion
du Conseil au niveau des Ministres de l'OCDE qui se tiendra à Paris
les 4 et 5 juin.
Au cours d'une autre réunion qui aura lieu à Rome du
3 au 5 juin, les Chefs d'État et de gouvernement du monde entier
examineront les politiques et les stratégies permettant d' améliorer
la sécurité alimentaire dans le monde et de relancer l' agriculture dans
les communautés rurales des pays en développement.