ALGER, 28 mai (Xinhua) -- L'Algérie s'intéresse
toujours au projet de l'Union pour la méditerranée (UPM), mais ce projet
comporte certains aspects obscurs qu'il s'agira de traiter, a
indiqué mercredi à Alger le ministre algérien des Affaires
étrangères Mourad Medelci.
Sur la radio nationale, le chef de la diplomatie
algérienne a indiqué que la France est "initiatrice" du projet avant même
l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence française. Mais
c'est"devenu désormais un projet européen, lorsque l'on sait,
qu'aujourd'hui les décisions se prennent plus à Bruxelles qu'à
Paris".
Ce projet peut constituer "un nouvel outil de
coopération qui vient compléter le processus de Barcelone qui comporte des
lacunes ",mais il faut lui donner le temps nécessaire afin de lui
conférer un"contenu réel", a estimé M. Medelci.
Au cours de la récente réunion au Caire des
ministres des Affaires étrangères des pays arabes concernés par le projet,
certains pays ont émis des "réserves" liées notamment à la question
de "financement de projets", a affirmé M. Medelci.
"Il nous est demandé de consacrer des fonds alors
que la contribution de l'Union européenne reste insignifiante", a-t-il
souligné.
A propos de la réunion des ministres des Affaires
étrangères des pays du bassin méditerranéen prévue les 5 et 6 juin à
Alger, M. Medelci a précisé qu'elle traitera de "questions importantes dont
la situation au Proche-Orient". La question de l'Union pour la
méditerranée a été inscrite à l'ordre du jour afin de dégager
"une position commune qui sera un message à l'adresse des décideurs".
Cette rencontre permettra de "renforcer les
relations" entre les pays du bassin méditerranéen et de définir "une
position commune de la question palestinienne et de la situation au
Liban", a-t-il poursuivi.
Concernant les relations entre l'Algérie et la
France, M. Medelci a estimé que les investissements français en Algérie
sont "insuffisants et en deçà des ambitions des deux pays" tout en
leur prévoyant une "hausse notable" à l'avenir.
Il a en outre annoncé la signature de deux accords
de coopération dans les domaines militaire et de l'énergie nucléaire
à usage civil à l'occasion de la visite du Premier ministre français
François Fillon à Alger le 21 juin prochain.
L'Algérie et l'UE auront "lors des prochains jours"
des " entretiens techniques" sur la coopération dans le domaine de
l'énergie afin de permettre à l'Algérie de "participer à la
distribution de l'énergie en Europe et d'établir des partenariats
avec des pays européens en matière d'énergies renouvelables afin de
tirer profit de leur expérience en la matière", a-t-il ajouté.
Concernant les relations avec le Maroc, M. Medelci a
dit: " Nous avons l'ambition d'ouvrir les frontières dans l'avenir".
mais pour ce faire il convient, a-t-il indiqué, de "réunir les
conditions idoines à travers la concertation et le dialogue
permanents" entre les deux pays.
Il a ajouté que les relations
algéro-marocaines sont "très fortes", estimant que le "seul point de divergence entre
nous, en l'occurrence la question du Sahara occidental, peut
se transformer en un point d'entente" d'autant", a-t-il souligné que la question
du Sahara occidental "est traitée dans le cadre de la légalité
internationale et conformément aux décisions des Nations Unies".