ROME, 28 mai (Xinhua) -- Le
sommet de l'alimentation, prévu à Rome, du 3 au 5 juin, offre une occasion
historique de relancer le processus de lutte contre la faim et la pauvreté
et doper la production agricole dans les pays en développement, a indiqué
mercredi la FAO.
Dans un document de politique préparé pour ce
sommet, la FAO exhorte la communauté internationale à prendre des mesures
concrètes de toute urgence pour affronter la faim et la
malnutrition, la flambée des prix alimentaires, la pénurie de
ressources en terre et eau, le changement climatique, les besoins
accrus en énergie et la croissance démographique.
"La dramatique situation alimentaire mondiale
actuelle nous rappelle l'équilibre fragile entre les approvisionnements
alimentaires mondiaux et les besoins des habitants de la planète, et
le fait que les engagements souscrits précédemment pour accélérer les
progrès vers l'éradication de la faim n'ont pas été tenus", a déclaré
Jacques Diouf, Directeur général de la FAO.
"Vu la gravité du déséquilibre entre l'offre et la
demande de nourriture à l'échelle mondiale, le retour à la stabilité
prochaine des marchés céréaliers est peu probable. Les prix
pourraient baisser, mais ils ne retomberont vraisemblablement
pas, pour de nombreuses années, aux bas niveaux que nous avons
connus", a-t-il estimé.
"Nous espérons que les dirigeants mondiaux, qui se
réuniront à Rome, conviendront de mesures urgentes à prendre pour doper la
production agricole, spécialement dans les pays les plus affectés
et, dans le même temps, protéger les pauvres afin qu'ils ne
subissent pas de plein fouet les effets de la hausse des prix des
denrées alimentaires", a ajouté M. Diouf.
Pour la FAO, fournir une aide d'urgence aux plus
pauvres et aux affamés de la planète, relancer l'agriculture et revitaliser
les communautés rurales sont des éléments essentiels pour réduire la
faim et améliorer la situation alimentaire mondiale dans le contexte
actuel de la flambée des prix des denrées alimentaires.
L'agence de l'ONU indique que protéger les habitants
les plus vulnérables des zones rurales et urbaines pourrait nécessiter une
distribution directe et ciblée d'aliments, des subventions
alimentaires et des transferts de fonds ainsi que des programmes
nutritionnels, y compris d'alimentation scolaire.
A propos de la production et au commerce des
biocarburants, la FAO estime que les politiques en la matière devraient
être examinées à la lumière de leurs effets possibles sur les marchés
alimentaires internationaux et, de ce fait, sur la sécurité
alimentaire, en particulier dans les pays vulnérables. Pour réussir,
les décisions prises et les politiques mises en oeuvre dans ce domaine
devraient tenir compte des impératifs de sécurité alimentaire.