JOHANNESBURG, 22 mai (Xinhua) -- Le président
sud-africain Thabo Mbeki a décidé mercredi de mobiliser les forces armées
du pays pour entraver les attaques visant les étrangers survenues
dans la plus riche province du pays, Gauteng, coûtant déjà la vie à
42 personnes et provoquant plus de 16.000 autres déplacées.
"Le président Mbeki a donné son feu vert à une
requête formulée par le service policier, qui exige une participation de la
Force de défense nationale sud-africaine aux opérations en cours
destinées à mettre un terme aux attaques anti-étrangers qui se sont
produites dans la province de Gauteng", a-t-on appris d'un communiqué
publié par le bureau présidentiel.
Refusant de dévoiler davantage de détailles sur la
nature et le nombre des troupes mobilisées, Sally de Beer, la porte-parole
de la police, a annoncé que le rôle de l'armée est limité à une
force de renforts.
"Ils (soldats) ne prendront pas la place de police
et ils nous soutiendront dans certaines opérations spécifiques", a-t-elle
souligné.
PROPAGATION DES VIOLENCES
Les violences, qui ont éclaté le 11 mai dans la
ville d'Alexandra, ont eu lieu surtout dans la ville et la banlieue de
Johannesburg, centre économique de l'Afrique du Sud.
La situation de Johannesburg est devenue mercredi
calme à l'exception de violences sporadiques. Pourtant, l'instabilité a
été répandue vers la ville portuaire de Durban (est) et les
provinces de Kwazulu-natal et de Mpumalanga.
A Durban, un magasin géré par des Nigérians a été
frappé mardi soir par un gang avec des bouteilles et des bâtons.
Une bande de quelque 200 personnes se sont
rassemblées dans les rues et ont assaillé des passants, a expliqué la
porte-parole policière Phindile Radebe. Au moins six immigrés ont été
blessés dans les émeutes, ont rapporté des médias locaux.
Dans le nord-est de Mpumalanga, six pâtisseries ont
été pillées et trois autres brûlées, certaines d'entre elles appartenaient
à des Zimbabwéens et d'autres à des Somaliens, a expliqué la police
locale.
MONTEE DES HOSTILITES XENOPHOBES
L'Afrique du Sud, le plus riche pays du continent
noir, a été considérée depuis des décennies comme un paradis aux habitants
de ses pays voisins pauvres. Selon une estimation, un total de cinq
millions de personnes ont clandestinement pénétré dans le pays pour
travailler dans des mines, des usines et des hôtels.
Par conséquent, beaucoup de Sud-Africains défavorsés
accusent les immigrés clandestins de leur voler des boulots et d'être
l'origine des crimes. Par ailleurs, le taux de chômage sud- africain
s'élève à 24% tandis que le problème du logement constitue le plus grand
défi auquel le gouvernement local est confronté.
Selon des NGO opérant dans la région de
Johannesburg, les hostilités anti-immigrés des habitants locaux sont
centrées sur les Malawiens, les Mozambicains et particulière les
Zimbabwéens, constituant le plus grand groupe d'immigrés du pays.
Par ailleurs, la hausse spectaculaire mondiale des
prix alimentaires et des combustibles a également renforcer les
hostilité xénophobes.
IMPACTS NEGATIFS
Le gouvernement sud-africain a condamé les violences
anti- étranger, en les considérant comme "des actes vilains" qui
représentent une sévère menace à la démocratie nationale.
Celui-ci craint également qu'elles ternissent l'image du secteur
touristique du pays et ait une répercussion négative sur
l'organisation de la Coupe du monde de football de 2010 dans le
pays.
"Ces attaques ont causé une très mauvaise réputation
à l'Afrique du Sud et porté atteinte aux efforts pour transformer
notre pays en une destination de vacances, de commerce et
d'investissements attrayante", a mis en garde mardi Moeketsi Mosola,
directeur général du Tourisme d'Afrique du Sud, une organisation nationale
destinée à faire du pays une destination touristique prestigieuse et à
maximiser le potentiel économique du tourisme.
Les violences de longue date ont érodé la confiance
d'investisseurs étrangers et porté un coup sèvère à la valeur du
rand, la monnaie officielle sud-africaine, qui a subitement diminué
mercredi, jour où 7,65 rands équivaut à un dollar.
Il est vraiment difficile pour le gouvnerment du
pays d'accueil de réaliser l'intégration des immigrés, si les communautés
locales demeurent hostiles envers eux, a estimé un responsable de la
Commission des droits de l'Homme des Nations Unies.
Les violences ont également susicté
des inquiétudes chez certains pays africains, tels que l'Ouganda et la
Mozambique, qui sont prêts à évacuer leurs ressortissants de l'Afrique
du Sud. Ils ont également appelé les autorités sud-africaines à
contrôler au plus vite la situation locale.