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Afrique du Sud : mobilisation de l'armée pour juguler les violences xénophobes
  2008-05-23 17:37:34  

      JOHANNESBURG, 22 mai (Xinhua) -- Le président sud-africain  Thabo Mbeki a décidé mercredi de mobiliser les forces armées du  pays pour entraver les attaques visant les étrangers survenues  dans la plus riche province du pays, Gauteng, coûtant déjà la vie  à 42 personnes et provoquant plus de 16.000 autres déplacées. 

     "Le président Mbeki a donné son feu vert à une requête formulée par le service policier, qui exige une participation de la Force  de défense nationale sud-africaine aux opérations en cours  destinées à mettre un terme aux attaques anti-étrangers qui se  sont produites dans la province de Gauteng", a-t-on appris d'un  communiqué publié par le bureau présidentiel. 

     Refusant de dévoiler davantage de détailles sur la nature et le nombre des troupes mobilisées, Sally de Beer, la porte-parole de  la police, a annoncé que le rôle de l'armée est limité à une force de renforts. 

     "Ils (soldats) ne prendront pas la place de police et ils nous  soutiendront dans certaines opérations spécifiques", a-t-elle  souligné.  

     PROPAGATION DES VIOLENCES  

     Les violences, qui ont éclaté le 11 mai dans la ville  d'Alexandra, ont eu lieu surtout dans la ville et la banlieue de  Johannesburg, centre économique de l'Afrique du Sud. 

     La situation de Johannesburg est devenue mercredi calme à  l'exception de violences sporadiques. Pourtant, l'instabilité a  été répandue vers la ville portuaire de Durban (est) et les  provinces de Kwazulu-natal et de Mpumalanga. 

     A Durban, un magasin géré par des Nigérians a été frappé mardi  soir par un gang avec des bouteilles et des bâtons. 

     Une bande de quelque 200 personnes se sont rassemblées dans les rues et ont assaillé des passants, a expliqué la porte-parole  policière Phindile Radebe. Au moins six immigrés ont été blessés  dans les émeutes, ont rapporté des médias locaux. 

     Dans le nord-est de Mpumalanga, six pâtisseries ont été pillées et trois autres brûlées, certaines d'entre elles appartenaient à  des Zimbabwéens et d'autres à des Somaliens, a expliqué la police  locale.  

     MONTEE DES HOSTILITES XENOPHOBES  

     L'Afrique du Sud, le plus riche pays du continent noir, a été  considérée depuis des décennies comme un paradis aux habitants de  ses pays voisins pauvres. Selon une estimation, un total de cinq  millions de personnes ont clandestinement pénétré dans le pays  pour travailler dans des mines, des usines et des hôtels. 

     Par conséquent, beaucoup de Sud-Africains défavorsés accusent  les immigrés clandestins de leur voler des boulots et d'être  l'origine des crimes. Par ailleurs, le taux de chômage sud- africain s'élève à 24% tandis que le problème du logement  constitue le plus grand défi auquel le gouvernement local est  confronté. 

     Selon des NGO opérant dans la région de Johannesburg, les  hostilités anti-immigrés des habitants locaux sont centrées sur  les Malawiens, les Mozambicains et particulière les Zimbabwéens,  constituant le plus grand groupe d'immigrés du pays. 

     Par ailleurs, la hausse spectaculaire mondiale des prix  alimentaires et des combustibles a également renforcer les  hostilité xénophobes.  

     IMPACTS NEGATIFS 

      

     Le gouvernement sud-africain a condamé les violences anti- étranger, en les considérant comme "des actes vilains" qui  représentent une sévère menace à la démocratie nationale. Celui-ci craint également qu'elles ternissent l'image du secteur  touristique du pays et ait une répercussion négative sur  l'organisation de la Coupe du monde de football de 2010 dans le  pays. 

     "Ces attaques ont causé une très mauvaise réputation à  l'Afrique du Sud et porté atteinte aux efforts pour transformer  notre pays en une destination de vacances, de commerce et  d'investissements attrayante", a mis en garde mardi Moeketsi  Mosola, directeur général du Tourisme d'Afrique du Sud, une  organisation nationale destinée à faire du pays une destination  touristique prestigieuse et à maximiser le potentiel économique du tourisme.  

     Les violences de longue date ont érodé la confiance  d'investisseurs étrangers et porté un coup sèvère à la valeur du  rand, la monnaie officielle sud-africaine, qui a subitement  diminué mercredi, jour où 7,65 rands équivaut à un dollar. 

     Il est vraiment difficile pour le gouvnerment du pays d'accueil de réaliser l'intégration des immigrés, si les communautés locales demeurent hostiles envers eux, a estimé un responsable de la  Commission des droits de l'Homme des Nations Unies. 

     Les violences ont également susicté des inquiétudes chez  certains pays africains, tels que l'Ouganda et la Mozambique, qui  sont prêts à évacuer leurs ressortissants de l'Afrique du Sud. Ils ont également appelé les autorités sud-africaines à contrôler au  plus vite la situation locale.