GENEVE, 22 mai (Xinhua) -- Le Conseil des droits de
l'Homme des Nations unies a appelé jeudi à Genève, lors d'une session
extraordinaire sur la crise alimentaire, les gouvernements, les
organisations internationales ainsi que toutes les parties
concernées à prendre les mesures nécessaires pour diminuer l'impact
négatif de la crise alimentaire mondiale sur la réalisation du droit à
l'alimentation.
Dans un discours prononcé à l'occasion de la
session, Louise Arbour, la Haut Commissaire aux droits de l'Homme, a
également engagé les Etats à se pencher sur les dimensions à long terme
que revêt la crise alimentaire en matière de respect des droits de
l'Homme.
"Si l'on ne répond pas à la crise alimentaire
actuelle en prenant en compte les droits des membres les plus marginalisés
de la société, un effet d'entraînement risque d'aggraver la crise et
de mettre en péril d'autres droits fondamentaux, notamment le droit
à la santé et à l'éducation", a averti Mme Arbour.
Selon la Haut Commissaire, la crise actuelle est le
résultat d'une "convergence perverse de plusieurs facteurs, y compris des
distorsions entre les réserves et la demande, des règles
commerciales injustes, ainsi que des mesures politiques faussées, y
compris les mesures d'incitations ou les subventions".
Elle a averti qu'un cercle vicieux à long terme
risque de se propager, alliant discrimination et faim et renforçant "le
schéma enraciné d'exclusion et de discrimination qui empêche les plus
vulnérables de faire valoir leur droit d'obtenir de la nourriture".
"La nature de cette crise transcende les frontières
nationales. Elle exige des mesures concertées de la part des Etats pour
rectifier les iniquités qui ont contribué à cette situation
d'urgence et qui menacent à présent de la faire perdurer", a appelé
la Haut Commissaire.
Cette session extraordinaire est convoquée à la
demande de Cuba au nom du Mouvement des non-alignés, de l'Egypte au nom du
Groupe africain, du Pakistan au nom de l'Organisation de la
Conférence islamique, de la Palestine au nom du Groupe des Etats
arabes.
Cette session est la septième session
extraordinaire du Conseil des droits de l'Homme depuis sa création en juin
2006.