NEW YORK, 16 mai (Xinhua) -- Les cours des contrats
à terme du brut ont dépassé vendredi 127 U.S. dollars le baril pour la
première fois après que la banque d'investissement Goldman Sachs eut
relevé ses prévisions sur le prix du pétrole.
Le baril de "light sweet crude" pour livraison en
juin a gagné 2,17 dollars pour clôturer à 126,29 dollars sur le New York
Mercantile Exchange, après avoir établi un record sans précédent
depuis la création de ces contrats en 1983 avec 127,82 dollars le
baril. Le prix du pétrole a doublé depuis l'année dernière.
A Londres, le prix du Brent pour livraison en juin a
atteint 124,99 dollars à sa clôture, bondissant de 3,74 dollars.
Goldman Sachs, la banque d'investissement la plus
active sur les marchés de l'énergie, a élevé vendredi ses estimations sur
le prix pétrolier pour la seconde moitié de cette année, soit de 107
dollars le baril à 141 dollars le baril.
"Pour équilibrer la tendance du PIB global à la
hausse de 3,8% contre celle des offres en croissance de 1,0%, les cours
doivent augmenter de 14% en moyenne d'ici la seconde moitié de 2008", a
indiqué la banque dans un rapport, ajoutant que "le protectionnisme
des ressources" de beaucoup de pays producteurs est en train de
contraindre la croissance de l'offre.
Goldman a aussi élevé ses estimations sur le prix du
pétrole moyen pour 2009 à 148 dollars le baril.
L'analyste de Goldman Sachs, Arjun N. Murti a
indiqué le 6 mai dans un rapport que l'insuffisance d'offres pousserait
les cours du brut entre 150 et 200 dollars d'ici ces six prochains mois à
deux ans. Une hausse du prix du brut, qui a gagné 8,3% en une
semaine, est intervenue le lendemain de cette prévision.
Dans un article intitulé "Super Flambée" de mai
2005, l'auteur prévoyait que les cours du brut pourraient osciller entre 50
et 105 dollars le baril en 2009.
Au moment où le prix du pétrole a battu des records
en raison de la faiblesse du dollar, les analystes croient que personne ne
veut contredire les prévisoins de Goldman.
L'Arabie saoudite, le plus grand pays exportateur du
brut et le plus important pays membre de l'OPEC, a consenti d'augmenter sa
production de pétrole pour satisfaire la demande des consommateurs.
"Le 10 mai, nous avons augmenté de 300.000 barils en
réponse à la demande de nos consommateurs", a indiqué vendredi le ministre
saoudien du Pétrole Ali al-Naimi dans une conférence de presse à
Riyad. "Donc, notre production en juin sera de 9,45 millions de
barils par jour. Cela correspond à la demande d'environ 50 pays
consommateurs dans le monde entier."
L'annonce a été faite à la suite des entretiens
entre le président américain George W. Bush en visite et le roi saoudien
Abdallah Ier. C'est la deuxième fois en quatre mois que M. Bush
se rend dans ce pays riche en pétrole.
M. Bush a été satisfait "parce que notre réponse est
positive", a indiqué al-Naimi. En janvier, M. Bush avait demandé à l'Arabie
saoudite d'élever la production du brut pour atténuer la hausse des
cours, mais sa demande avait été rejetée.
L'organisation des pays exporateurs du
pétrole (OPEP) a revu à la baisse jeudi, la deuxième fois en quatre mois,
sa prévision sur la demande globale du pétrole en 2008. Les troubles sur
les marchés globaux financiers sont dûs plus aux records des
prix qu'à l'insuffisance de l'offre, selon elle.