NEW YORK (Nations Unies), 14 mai (Xinhua) -- A
l'occasion du lancement mercredi d'un rapport sur l'économie d'eau et de
nourriture, des organisations internationales ont souligné la
nécessité de changer les habitudes de production et de consommation
pour éviter de doubler les besoins en eau d'ici à 2015.
Pasquale Steduto, de la FAO, David Molden, de
l'Institut international de gestion des ressources en eau (IWMI), Anders
Berntell et Jan Lundqvist, de l'Institut international de l'eau à
Stockholm (SIWI) ont fait cette remarque lors d'une conférence de
presse, mercredi au siège des Nations Unies à New York, consacrée à
la présentation d'un rapport intitulé "Economiser l'eau: du champ à la
fourchette - atténuer le gaspillage dans la chaîne de l' alimentation",
lancé dans le cadre de la 16ème session de la Commission du développement
durable des Nations Unies (CDD-16).
"Dans les conditions actuelles de production, il
nous faut entre 500 et 2 000 litres d'eau pour produire un kilogramme de
blé et entre 5 000 et 25 000 litres pour produire un kilo de viande
de boeuf", a précisé M. Molden, en ajoutant qu'il faudrait plus de 3
000 litres d'eau pour répondre aux besoins alimentaires
quotidiens d'un homme.
Il a insisté sur l'urgence, notamment dans le
contexte de la crise alimentaire actuelle, de réfléchir aux moyens de
produire plus avec moins d'eau en notant que 1,2 milliard de personnes
vivaient dans des zones où il n'y avait pas assez d'eau pour
répondre à leurs besoins.
"Nous ne devons pas seulement regarder du côté de la
production mais aussi de la consommation", a insisté pour sa part M.
Lundqvist, en notant que 25% de la nourriture étaient gaspillés
ou jetés dans le monde, dont 30% aux Etats-Unis pour une valeur
annuelle de 48 milliards de dollars.
Il a précisé que le rapport présentait un descriptif
de la nature et de la quantité d'aliments gaspillés, en précisant que
le cumul des 25% d'aliments gaspillés et de ce que l'on mange de
trop chaque jour dans les pays développés entraînaient un gaspillage
d' une quantité impressionnante d'eau.
De son côté, M. Steduto de la FAO a indiqué que la
génétique ne pouvait être à elle seule une réponse si nous n'améliorions
pas la gestion de l'eau et du stockage, ou encore la qualité du contrôle
des engrais, des pesticides ou de l'humidité des sols.
"Une optimisation de tous les moyens dont nous
disposons pourrait nous aider selon des estimations réalistes à réduire de
50% les gaspillages", a-t-il encore ajouté.