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Une attaque politiquement suicidaire lancée par les rebelles du  Darfour contre Khartoum
  2008-05-12 10:56:19  

     KHARTOUM, 11 mai (Xinhua) -- En s'infiltrant dans la capitale  soudanaise Khartoum et en lançant des attaques, le principal  mouvement rebelle dans la région ouest soudanaise du Darfour ne  pouvait subir que de graves pertes et une condamnation unanime de  la communauté internationale, ont affirmé dimanche des analystes  locaux. 

     Ils ont considéré l'attaque lancée par le Mouvement rebelle  pour la justice et l'égalité (JEM) contre la zone d'Omdurman (nord- ouest de Khartoum) comme "une attaque politiquement suicidaire" et "un risque militaire inconsidéré". 

     Le gouvernement soudanais a condamné dimanche soir l'attaque  lancée samedi par les rebelles du JEM comme une "opération  terroriste de sabotage", en annonçant que cette opération a "pris  fin". 

     "Cette opération terroriste de sabotage a été ourdie par le  Tchad et exécutée par le meneur du JEM, Khalil Ibrahim", a indiqué à la presse le ministre d'Etat soudanais, Kamal Obeid, dans les  bureaux du ministère soudanais de l'Information et des  Communications. 

     Le JEM aurait, croit-on savoir, les plus puissantes forces  parmi les groupes rebelles dans la région ouest soudanaise du  Darfour, qui s'élèvent à plus de deux douzaines. 

     Le gouvernement soudanais a annoncé samedi soir que l'armée et  la police ont fait échouer la tentative des rebelles du JEM de  s'infiltrer dans la capitale et d'y effectuer des sabotages, tuant et capturant un certain nombre d'infiltrés. 

     C'est la première fois que les rebelles au Darfour entrent dans la capitale Khartoum et y lancent des attaques depuis l'éclatement des sanglants conflits dans la région ouest soudanaise limitrophe  du Tchad en février 2003. 

     Sadig al-Madi al-Mahdi, conseiller présidentiel et président de la direction collective du Parti Umma, a déclaré à l'agence Xinhua que cette attaque est "une tentative désespérée d'atteindre  l'opinion publique". 

     "Mais c'est une attaque politiquement suicidaire lancée par le  JEM qui perdra le soutien du peuple du Darfour", a affirmé  l'analyste politique bien connu. 

     Al-Fatih Az-ddin, maire d'Omdurman, a fait savoir que ce qu'a  fait le JEM est "un risque militaire qui ne pourra pas être  couronné de succès", ajoutant que les forces rebelles infiltrées  dans la région d'Omdurman ont toutes été vaincues. 

     M. Obeid a admis l'existence de la "cinquième flotte" des  rebelles à Khartoum sans donner d'autres détails. 

     De nombreux analystes sont d'avis que le JEM n'aurait pas été  si audacieux et si imprudent sans l'assistance de collaborateurs  au sein du régime de Khartoum. 

     Samedi soir, au moment où les forces rebelles étaient  repoussées par les troupes de l'armée et de la police, le JEM a  laissé entendre qu'il poursuivra sa lutte jusqu'à ce que le  président al-Bashir soit évincé. 

     "Nous sommes à Omdurman, nous sommes dans le nord de Khartoum.  Ce n'est pas quelque chose qui va se terminer dans quelques heures ", a affirmé le responsable du JEM, al-Tahir al-Faki, à une agence de presse occidentale, ajoutant qu'"il y a un déséquilibre du  pouvoir et des richesses, nous devons le surmonter". 

     Durant sa réunion d'urgence tenue dimanche soir, le  gouvernement soudanais a entendu les rapports faits par les  ministres de la Défense et de l'Intérieur sur l'attaque rebelle. 

     Des aides possibles de la part du Tchad constituent une autre  raison de l'aventure à Khartoum du JEM qui cherche à limiter ses  activités militaires à l'intérieur du Darfour qui occupe le  cinquième du territoire du Soudan. 

     Dimanche matin, le président soudanais, Omar al-Bashir, a  annoncé la décision de rompre les relations diplomatiques de son  pays avec le Tchad, le rendant responsable de l'attaque rebelle  sur la capitale soudanaise. 

     Cependant, le gouvernement tchadien a rejeté l'accusation,  selon laquelle N'Djamena est impliqué dans l'attaque rebelle  contre Khartoum. 

     "Le Tchad n'a rien à voir avec ce coup", a précisé le ministre tchadien de l'Information, Mohammad Hussein, à la chaine de  télévision panarabe al Jazeera basée au Qatar et captée à Khartoum. 

     Cependant, par son action de samedi, le JEM a réduit la  possibilité de forcer le gouvernement soudanais de revenir à la  table de négociations sur les conditions posées par le groupe  rebelle, même si c'était l'un des principaux objectifs qu'il  recherchait dans l'attaque. 

     Le conseiller présidentiel, Mustafa Osman Ismail, a écarté  toute chance de relancer des pourparlers avec le JEM après  l'attaque. 

     La société internationale, qui regroupe notamment les Etats- Unis, la France et la Grande-Bretagne, habituée à critiquer  vivement le gouvernement soudanais au sujet de la question du  Darfour, a dénoncé l'attaque lancée samedi dernier par les  rebelles du JEM sur Kartoum.