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Serbie : début des élections législatives et municipales (PAPIER  GENERAL)
  2008-05-11 18:48:03  

     BELGRADE, 11 mai (Xinhua) -- Les 6,75 millions d'électeurs  serbes sont appelés dimanche à aller aux urnes pour voter lors des élections législatives et municipales, un scrutin perçu comme un  référendum sur l'intégration ou non du pays sud-européen dans  l'Union européenne (UE). 

     Les quelque 8.600 bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (05H00  GMT) et devaient fermer à 20H00 (18H00 GMT). 3.137 candidats  provenant de 22 partis et coalitions se sont présentés aux  élections. 

     Les élections ont été proposées de tenir en mars dernier,  lorsque la fragile coalition au pouvoir établie entre le Parti  démocrate du président Boris Tadic et le Parti démocratique de  Serbie (DSS), dirigé par le Premier ministre nationaliste Vojislav Kostunica s'est effrondrée, en raison d'un désaccord sur les  relations serbes avec l'UE, dont la plupart des pays membres ont  reconnu l'indépendance du Kosovo, ancienne province serbe. 

     Le Kosovo, où la population est dominée par le peuple albanais, a unilatéralement proclamé son indépendance le 17 février,  reconnue ensuite par quelque 40 pays du monde, dont les Etats-Unis et la majorité des pays membres de l'UE. Pourtant, la Serbie et la Russie, son alliée traditionnelle s'opposent tous à cette  déclaration. 

     Les nationalistes serbes, représentés par le Parti radical  serbe (SRS), sous la direction de Tomislav Nikolic, de la  coalition du DSS et du parti de la Nouvelle Serbie (NS)  s'associent autour de M. Kostunica, qui aspire à des relations  plus proches avec Moscou et s'oppose fermement à la sécession du  Kosovo de la Serbie. 

     Ces derniers ne soutiennent pas la future intégration serbe  dans l'UE, si les pays occidentaux ne retirent pas leur  reconnaissance de la province dissidente. 

     Cependant, le bloc pro-occidental, incluant la coalition "Pour  une Serbie européenne" et le président Tadic, favorise une  accession plus prompte de la Serbie à l'UE. 

     Partageant le même avis des nationalistes au sujet de la  position envers l'intépendance du Kosovo, ce bloc estime que la  Serbie, une fois officiellement acceptée par l'UE, deviendra plus  puissante dans la lutte pour garder le Kosovo au sein de la Serbie. 

     Les nationalistes ont été encouragés par l'indignation du  peuple serbe à l'encontre du soutien de l'Occident accordé à  l'intépendance du Kosovo, une région considérée par les Serbes  comme le berceau de leur culture, histoire et du Christianisme  orthodoxe. 

     Or, les forces pro-occidentales ont gagné des points lors de la signature d'un accord de stabilisation et d'association entre la  Serbie et l'UE le 29 avril, bien que la concrétisation de l'accord ait été gelé, si la Serbie ne remplit son obligation de transférer des fugitifs ayant commis des crimes de guerre au cours de la  guerre de Bosnie-Herzégovine de 1992-1995, dont le directeur serbe d'alors Radovan Karadzic et son commandant de l'armée Ratko Mladic. 

     Selon les derniers sondages publiés avant les élections, deux  formations politiques ont tenu la corde, à savoir le SRS et la  coalition des partis pro-occidentaux. Les deux partis  remporteraient chacun un tiers des bulletins de vote et le premier devance légèrement le second. 

     Vu qu'aucun bloc ne pourrait obtenir la majorité nécessaire  requise pour la formation d'un gouvernement, le nationaliste M.  Kostunica, qui serait crédité d'environ 12% des votes, deviendrait de nouveau un homme politique clé capable de influer sur le futur  paysage politique serbe. 

     Le scrutin sera surveillé par une douzaine d'organisations  internationales, dont le Conseil européen, l'Organisation pour la  sécurité et la coopération en Europe (OSCE), la Commission  centrale électorale de la Douma russe, l'Institut public russe de  loi électorale et l'Assemblée interparlementaire de la Communauté  des Etats indépendants (CEI).