BELGRADE, 11 mai (Xinhua) -- Les 6,75 millions
d'électeurs serbes sont appelés dimanche à aller aux urnes pour voter lors
des élections législatives et municipales, un scrutin perçu comme un
référendum sur l'intégration ou non du pays sud-européen dans
l'Union européenne (UE).
Les quelque 8.600 bureaux de vote ont ouvert à 07H00
(05H00 GMT) et devaient fermer à 20H00 (18H00 GMT). 3.137 candidats
provenant de 22 partis et coalitions se sont présentés aux
élections.
Les élections ont été proposées de tenir en mars
dernier, lorsque la fragile coalition au pouvoir établie entre le Parti
démocrate du président Boris Tadic et le Parti démocratique de
Serbie (DSS), dirigé par le Premier ministre nationaliste
Vojislav Kostunica s'est effrondrée, en raison d'un désaccord sur les
relations serbes avec l'UE, dont la plupart des pays membres ont
reconnu l'indépendance du Kosovo, ancienne province serbe.
Le Kosovo, où la population est dominée par le
peuple albanais, a unilatéralement proclamé son indépendance le 17 février,
reconnue ensuite par quelque 40 pays du monde, dont les Etats-Unis et
la majorité des pays membres de l'UE. Pourtant, la Serbie et la Russie, son
alliée traditionnelle s'opposent tous à cette déclaration.
Les nationalistes serbes, représentés par le Parti
radical serbe (SRS), sous la direction de Tomislav Nikolic, de la
coalition du DSS et du parti de la Nouvelle Serbie (NS) s'associent
autour de M. Kostunica, qui aspire à des relations plus proches avec
Moscou et s'oppose fermement à la sécession du Kosovo de la Serbie.
Ces derniers ne soutiennent pas la future
intégration serbe dans l'UE, si les pays occidentaux ne retirent pas leur
reconnaissance de la province dissidente.
Cependant, le bloc pro-occidental, incluant la
coalition "Pour une Serbie européenne" et le président Tadic, favorise une
accession plus prompte de la Serbie à l'UE.
Partageant le même avis des nationalistes au sujet
de la position envers l'intépendance du Kosovo, ce bloc estime que la
Serbie, une fois officiellement acceptée par l'UE, deviendra plus
puissante dans la lutte pour garder le Kosovo au sein de la Serbie.
Les nationalistes ont été encouragés par
l'indignation du peuple serbe à l'encontre du soutien de l'Occident
accordé à l'intépendance du Kosovo, une région considérée par les Serbes
comme le berceau de leur culture, histoire et du Christianisme
orthodoxe.
Or, les forces pro-occidentales ont gagné des points
lors de la signature d'un accord de stabilisation et d'association entre la
Serbie et l'UE le 29 avril, bien que la concrétisation de
l'accord ait été gelé, si la Serbie ne remplit son obligation de
transférer des fugitifs ayant commis des crimes de guerre au cours de la
guerre de Bosnie-Herzégovine de 1992-1995, dont le directeur
serbe d'alors Radovan Karadzic et son commandant de l'armée Ratko
Mladic.
Selon les derniers sondages publiés avant les
élections, deux formations politiques ont tenu la corde, à savoir le SRS
et la coalition des partis pro-occidentaux. Les deux partis
remporteraient chacun un tiers des bulletins de vote et le
premier devance légèrement le second.
Vu qu'aucun bloc ne pourrait obtenir la majorité
nécessaire requise pour la formation d'un gouvernement, le nationaliste M.
Kostunica, qui serait crédité d'environ 12% des votes, deviendrait de
nouveau un homme politique clé capable de influer sur le futur paysage
politique serbe.
Le scrutin sera surveillé par
une douzaine d'organisations internationales, dont le Conseil
européen, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE),
la Commission centrale électorale de la Douma russe, l'Institut public
russe de loi électorale et l'Assemblée interparlementaire de
la Communauté des Etats indépendants (CEI).