KHARTOUM, 10 mai (Xinhua) -- La capitale soudanaise
a retrouvé une accalmie dans la nuit de samedi à dimanche après des
accrochages entre les forces de sécurité et les rebelles infiltrées
dans le nord-ouest de Khartoum.
Des soldats et policiers patrouillaient à bord de
véhicule militaires dans les rues de Khartoum, alors que des troupes
étaient déployées sur les artères et les points stratégiques.
Etant donné un couvre-feu de 17h00 locales (14h00
GMT) à dimanche 06h00 (03h00 GMT) imposé par le ministère de
l'Intérieur, peu de véhicules civils étaient visibles dans les rues de
Khartoum depuis la fin de l'après-midi.
Ce couvre-feu a été plus tard prolongé vers dimanche
10h00 ( 07h00 GMT) par le gouverneur de l'Etat de Khartoum, Abdel Halim
Ismail Al-Muta'afi.
Dans la zone de Omdurman, où se sont produits les
affrontements, et d'autres parties de la capitale se baignaient dans le
noir en raison d'une panne d'électricité après le coucher du soleil.
Sur la télévision nationale, le ministre de
l'Intérieur, Ibrahim Mahmoud Hamid, a annoncé que les forces armées
soudanaises, la police et d'autres forces régulières ont "repoussé" les
" mercénaires infiltrés".
Il a fait savoir qu'un nombre d'éléments infiltrés,
y compris leur commandant Mohamed Salih Garbo, avaient été tués lors des
accrochages survenus notamment dans la zone de Goldair, à l'entrée de
la route Shiryan Al-Shamal à Omdurman.
"Le bilan des infiltrés est en cours de
l'établissement et sera communiqué plus tard", a déclaré le ministre,
appelant les habitants locaux à rester calmes et à aider à dénoncer tout
groupe suspect.
Le porte-parole de la police soudanaise, Mohamed
Abdel-Mageed al-Tayeb, a tenu responsable de cette attaque Khalil Ibrahim,
dirigeant du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM, rébellion
du Darfour).
Il a précisé que les infiltrés avaient abandonné
leurs véhicules et étaient entrés dans des quartiers d'habitation et
assuré que les autorités seront en mesure de rattraper le reste des
éléments infiltrés, qui seront traduits en justice.
La télévision nationale a montré des images des
véhicules brûlés et des corps des personnes tuées.
Aucune information n'a été donnée en ce qui concerne
les victimes du côte des forces de sécurité dans les affrontements,
qui ont éclaté aux environs de 16H15 (13H15 GMT) et duré environ
cinq heures.
Au moment des accrochages, des explosions violentes
et des fusillades retentissaient sur la région d'Omdurman, entrée au
nord de Khartoum qui conduit vers le Darfour, a rapporté un
journaliste de Xinhua dans une rue à proximité.
Selon lui, les militaires soudanais ont recouru aux
tirs d'artillerie, aux chars et à des hélicoptères pour affronter les
rebelles qui semblaient être équipés de mitrailleuses et de
grenades.
C'est la première fois que les rebelles du Darfour
entrent dans la capitale et y lancent des attaques depuis l'éclatement du
conflit sanglant dans cette région de l'ouest du Soudan en
février 2003.
Le JEM, considéré comme la plus importante force
rebelle au Darfour, demanche des négaciations face-à-face avec le
gouvernement au lieu de s'asseoir avec d'autres groupes reblles sur
une table-ronde.
"Si le JEM veut forcer le gouvernement
à accepter ses conditions préalabes à la reprise des pourparlers de
paix, il sera doué à un échec", a indiqué un responsable du
ministère des Affaires étrangères sous le couvert d'anonymat.