BEYROUTH, 10 mai (Xinhua) -- Le Premier ministre
libanais Fouad Siniora a affirmé samedi que le Liban ne tomberait pas dans
les affrontements sanglants en cours dans le pays.
"Votre pays ne tombera pas", a promis M. Siniora à
ses compatriotes dans un discours à la nation prononcé depuis le
siège du gouvernement dans le centre de Beyrouth, ajoutant que le
peuple libanais ne revivrait pas l'hégémonie ni le terrorisme.
"Notre rêve démocratique a été poignardé par le
poison du Hezbollah et de ses alliés (...) Nous ne permettrons pas au
Hezbollah de nous imposer sa guerre ou de violer nos rues et nos
maisons et tuer notre peuple innocent", a affirmé M. Siniora dans
son premier discours depuis la prise de contrôle par le Hezbollah de
Beyrouth ouest au terme de violents combats.
Le Premier ministre a relevé que le noyau du
problème avec le Hezbollah était qu'ils voulaient imoser leur croyance aux
Libanais sans considérer leur volonté.
Il a souligné que le gouvernement ne reviendrait pas
sur ses décisions adoptées, car "nous ne nous laissons pas terroriser par
les armes du Hezbollah."
Le réseau de télécommunications du Hezbollah ne peut
fonctionner que sous le contrôle de l'Etat, a-t-il ajouté.
M. Siniora a avancé une proposition en cinq points
pour résoudre la crise, qui consiste entre autres à autoriser l'armée
à mettre en application les deux décisions du gouvernement, retirer
immédiatement les hommes armés de la rue et organiser immédiatement
l'élection d'un président de consensus.
Le Premier ministre a fait ces déclarations alors
que les affrontements sanglants au Liban se poursuivaient samedi pour une
quatrième journée consécutive. Ces affrontements ont fait au moins 24
morts et plus de 80 blessés.
Les affrontements sanglants ont été déclenchés
mercredi, un jour après que le cabinet libanais eut décidé d'interrompre
le réseau de télécommunications privé du Hezbollah (parti de Dieu)
et de limoger le chef de la sécurité aéroportuaire le général Wafik
Shqaier, soupçonné d'avoir des liens avec le groupe armé chiite.
Le Hezbollah a considéré cette décision comme "une
déclaration de guerre" faite à son encontre.
Le Liban traverse sa plus grave crise politique
depuis la fin de la guerre civile de 1975-1990. Pour la première fois dans
son histoire, la présidence du pays est vacante depuis le 24 novembre
dernier, date à laquelle le mandat présidentiel d'Emile Lahoud a
pris fin.
L'impasse sur la présidence a envenimé la
crise politique libanaise alors que des inquiétudes se multiplient sur
un nouveau cycle de violences dans le pays du Cèdre, du fait que les
partis politiques ne peuvent toujours pas parvenir à un accord sur
le candidat présidentiel.