NEW YORK, 9 mai (Xinhua) -- Les
cours du brut ont dépassé vendredi le seuil de 126 dollars le baril à New
York sur fond de plusieurs facteurs, dont une inquiétude accrue vis-à-vis
d'un éventuel conflit entre les Etats-Unis et le Venezuela.
Le baril de brut, pour livraison en juin, a une fois
atteint 126,25 dollars le baril dans le commerce électronique sur le
marché secondaire du New York Mercantile Exchange (Nymex), avant de
s'établir à 125.96 dollars.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord, pour
livraison en juin, a fini à 125,40 dollars, enregistrant une hausse de
2,56 dollars.
"Cette nouvelle hausse s'explique par plusieurs
facteurs, y compris une inquiétude vis-à-vis d'un éventuel conflit entre
les Etats-Unis et le Venezuela", a analysé Conley Turner, analyste de
Wall Street.
Une information, publiée vendredi par le Wall Street
Journal, a suggéré des liens étroits entre le président vénézuélien Hugo
Chaves et les rebelles colombiens.
"Tout conflit pourrait entraîner une réduction des
exportations de cet important membre de l'Organisation des pays
exportateurs de pétrole (OPEP) dans le contexte où les fournitures sont
déjà limités", a indiqué M. Turner.
(Photo: Xinhua/Reuters)
"En outre, la baisse de la valeur du dollar contre
l'euro et autres devises est une autre raison pour la hausse des prix
pétroliers", a-t-il ajouté.
"La croissance de la demande en pétrole des
économies émergentes comme l'Inde et la Chine est aussi un facteur qui
stimule la montée continue des prix du pétrole sur les marchés
internationaux", a ajouté M. Turner.
La banque d'investissement américaine Goldman Sachs
a prédit lundi que le manque de fournitures pousserait les prix du pétrole
jusqu'à 200 dollars le baril dans les deux ans à venir.
Cependant, l'OPEP, qui produisent plus d'un tiers de
brut mondial, a démenti un manque d'approvisionnement en pétrole et
impute la hausse des prix pétroliers à la tourmente des marchés
boursiers et à la chute de la valeur du dollar. Le cartel n'a
même pas prévu de se réunir avant le mois de septembre.
Shokri Ghanem, un haut responsable libyen du pétrole
qui a prédit cette semaine que le prix du pétrole aurait dépasser les
125 dollars le baril, a laissé entendre vendredi que l'OPEP pourrait
augmenter sa production, si les prix du pétrole continuent à augmenter. Il
s'est prononcé pour la convocation au plus tôt d'une réunion de l'OPEP
avant septembre.
Toutefois, M. Turner a estimé que l'actuelle flambée
des prix était "peu inquiétant à court terme" et qu'"un recul sera une
possibilité réaliste".
"Le prix du pétrole continuera à augmenter jusqu'à
ce qu'il ne le peut plus", a déclaré M. Turner. "Néanmoins, à long terme,
les prix du pétrole seront supérieurs à ceux d'aujourd'hui."